Voyage, voyage ...
I. Les avez-vous vus, les avez-vous entendus ? Des cohortes, amis bolcheviks, des manipules, des légions ! Des cars, des trains et des avions, remplis mieux que possible !
L'occident, depuis qu'il parle anglais, s'est trouvé une passion : il affrète en indicibles niais tout ce qu'il a de transports et expédie le tout de par le vaste monde. Ce sont des cars de retraités berlinois au Maroc, c'est l'amicale laïque des pétanqueurs picards à Djerba, c'est un américain énorme au Népal.
C'est aussi, surtout, des jeunes et des moins jeunes, bios, sympas, ouverts, et, comme de juste, dûment répertoriés sur Facebook.
Sur Facebook, amis bolcheviks, existe une carte. Homo Festivus y consigne ostensiblement les pays qu'il "fait". Car, c'est entendu, l'aventurier nouveau "fait" le Mexique, le Sénégal, la Grèce.
Ceci : trente ans de tourisme gluant ont causé plus de tort au Tiers Monde que des siècles de colonisation n'en causeront jamais.
II. Subsiste, le principal étant dit, une importante question : quelle possibilité, dans pareille conjoncture, pour l'honnête homme ? Tout chevalier errant doit faire voeu de voyage, il lui incombe de cheminer sur la terre comme aux cieux, mais où pérégriner quand le monde est jonché d'imbéciles ? Plus une mer, plus une forêt, plus un temple qui soit vierge de la bêtise glacée !
III. Camarades, nos guides touristiques sont formels : contourner l'obstacle demeure chose faisable, il suffit de consulter les listes, jadis dressées par l'adipeux Empire.
Corée du Nord, Lybie, Iran, Syrie ... Il est des pays sublimes où les olives sont mûres, où nous irons tranquilles, soulagés du danger d'y croiser notre grossier voisinage.
Allons, mon âme, prendre le thé chez Kadhafi !
Allons là où les fantômes ne sont pas, là où le tourisme a trop peu d'air pour vivre.
Asseyons-nous sur quelque dune de sable et attendons tranquillement la nuit pour le lointain spectacle.
Car c'est la nuit, amis bolcheviks, nos guides sont formels, c'est la nuit que Washington, Tel-Aviv et Dubaï, c'est la nuit que New York, Jérusalem et Londres, Paris, Berlin et Knokke-Le-Zoute, c'est la nuit que les villes mortes tomberont.
L'occident, depuis qu'il parle anglais, s'est trouvé une passion : il affrète en indicibles niais tout ce qu'il a de transports et expédie le tout de par le vaste monde. Ce sont des cars de retraités berlinois au Maroc, c'est l'amicale laïque des pétanqueurs picards à Djerba, c'est un américain énorme au Népal.
C'est aussi, surtout, des jeunes et des moins jeunes, bios, sympas, ouverts, et, comme de juste, dûment répertoriés sur Facebook.
Sur Facebook, amis bolcheviks, existe une carte. Homo Festivus y consigne ostensiblement les pays qu'il "fait". Car, c'est entendu, l'aventurier nouveau "fait" le Mexique, le Sénégal, la Grèce.
Ceci : trente ans de tourisme gluant ont causé plus de tort au Tiers Monde que des siècles de colonisation n'en causeront jamais.
II. Subsiste, le principal étant dit, une importante question : quelle possibilité, dans pareille conjoncture, pour l'honnête homme ? Tout chevalier errant doit faire voeu de voyage, il lui incombe de cheminer sur la terre comme aux cieux, mais où pérégriner quand le monde est jonché d'imbéciles ? Plus une mer, plus une forêt, plus un temple qui soit vierge de la bêtise glacée !
III. Camarades, nos guides touristiques sont formels : contourner l'obstacle demeure chose faisable, il suffit de consulter les listes, jadis dressées par l'adipeux Empire.
Corée du Nord, Lybie, Iran, Syrie ... Il est des pays sublimes où les olives sont mûres, où nous irons tranquilles, soulagés du danger d'y croiser notre grossier voisinage.
Allons, mon âme, prendre le thé chez Kadhafi !
Allons là où les fantômes ne sont pas, là où le tourisme a trop peu d'air pour vivre.
Asseyons-nous sur quelque dune de sable et attendons tranquillement la nuit pour le lointain spectacle.
Car c'est la nuit, amis bolcheviks, nos guides sont formels, c'est la nuit que Washington, Tel-Aviv et Dubaï, c'est la nuit que New York, Jérusalem et Londres, Paris, Berlin et Knokke-Le-Zoute, c'est la nuit que les villes mortes tomberont.
______________________


Ecrivez nous













7 commentaires:
en Syrie et hors-saison, j'ai croisé des autocars (chinois) entiers remplis de français qui confondaient allègrement Qal`at al-Hosn avec le parc asterix... vous surestimez largement le caractère préservé des pays de l'axe du mal...
@ amiral
en chine j'ai croisé plus de chinois que d'européens
ça parait con à dire mais le monde sera de moins en moins européocentré
c'est pour ça que tout le monde met l'europe en accusation histoire d'avoir toujours quelqu'un de solvable sous la main avant la chute finale
on pourra reparler avec profit de la traite transatlantique (et comme nantais on doit vous en parler jusqu'à l'écoeurement ) et des zeurléplusombredenotristoire
mais foin de tout ceci
"les villes mortes meurent la nuit"
vous pourriez ajouter "sans bruit"
et on pourrait vous répondre "les villes vivantes sont bruyantes" comme shangaï ou pékin
ou comme paris voudrait l'être le soir de la teuf de la zicmu ou de la gay pride
sinon sur votre blogue à l'article "rêves de grabuge et orage d'acier" il y a une photo illustrant l'article
j'aimerais savoir si c'est une photo brestoise et si -éventuellement- c'est une vue prise d'une passerelle de chemin de fer
merci de me répondre
Anonyme,
Laissez les gens rêver un peu, bon sang !
Misoslame,
- Bien vu pour les chinois et autres japonais. Il n'y a de toute façon que les binoclards de l'UMP pour croire que la Chine est effectivement une République Populaire ...
- Très bien vu pour la photo ! C'est la passerelle qui joint le quartier de la gare au quartier du Merle Blanc.
Brestois ?
Tres beau texte. Le tourisme de masse est un phenomeme obscene.
@ amiral
brestois .
d'adoption
comme quoi :"nobody is perfect"
Ce qui nous fait un point commun, bien que j'aie quitté Brest depuis des lustres.
@ amiral potiron
je suis sur qu'en cherchant nous en trouverons d'autres
demain nous sommes sommés de reconduire le drian à la tête de la région
pauvre bonhomme qui n'a rien fait de notable (mais peut être est ce le lot commun des présidents de région . à part frêche . mais du coup il est rétribué à coups de petits cadeaux par tartine ; gode ceinture/vidéos ammusantes/gants de vaisselle )
pas comme polochon que les franciliens vont plébisciter
ce messie d'un nouveau genre améliorera l'offre de transport en commun ce qui nous ramène à votre sujet
non pas qu'on voyage beaucoup en allant de banlieue à banlieue
mais bon
l'intention y est
Enregistrer un commentaire