Le caïd
Où en est donc notre blogueur réacosphérique ? Il nous avait laissé à son collège Joseph Staline de Pitivier-sur-Marne sans plus donner de nouvelles, mais nous brûlons ! Dis m'en plus blogueur, dis m'en plus ... Voyons :
Scène 1 : L'âge niais
Impénétrables les voies de la bête jeunesse.
Me voici qui, après un bon redoublement, entre enfin au lycée. Formidable ! Mais changement de décor. Établissement en calcaire, dans un beau quartier, où ne sont scolarisés que de pâles bourgeois. Je suis certes un bourgeois moi-même, mais faut-il croire que je sois parvenu à me persuader du contraire ... Je me sens, voyez, différent.
Différent en tout ! Moi, j'ai ma façon si spéciale de m'habiller, moi j'ai cet album de Lunatic vissé sur les oreilles, j'ai ma manière de m'exprimer, mes mots, mes mots radicalement nouveaux pour tous ces bouffons. J'incarne le personnage, je respire en lui, élèves et professeurs n'ont qu'à se le dire : un gangster, un vrai, s'est infiltré dans le paisible lycée privé.
Quelques zoulous, comble du chic, font le déplacement chaque vendredi pour m'attendre à la sortie, la chose en impose, et ainsi le chat : poule mouillée dans un chenil, tigre dans une volière.
Et trois ou quatre connards, les semaines passant, pour se joindre à moi. Nous sommes les rebeus bien françois de Sainte Mathilde, ceux que les vois sur ton chemin redoutent, nous les lascars, nous les durs, les malandrins, les hommes de peu en peau de lapin qui connaissons les rouages ... Alors trafic ! A nous les savonnettes de black que payent notre argent de poche, à nous la revente au détail à la jet set du lycée. Pour un franc investi on en récupère deux, juteux manège, mais en affaires comme ailleurs nous sommes tous assez nuls.
(A suivre ... )


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2 commentaires:
Je crains le pire. Ne me dites pas que vous vous êtes fait doubler par le premier acheteur venu ?
En aval ou en amont ? Allez vous fatiguez pas, j'ai compris. Sur les deux tableaux, c'est ça ? Et vous avez fini par bosser pour lui. Un classique... C'est toujours là même chose. Dès qu'ils sont plus fortunés que vous, ils se croient tout permis.
Moi? Mais je n'ai jamais vu la couleur d'une savonnette de ma vie, monsieur. Adressez vous à mon personnage.
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