In memoriam

Qui se souvient de Claude Lévi Strauss déclarant à la télévision ne pas tellement aimer l'époque dans laquelle il était en train de finir ses jours ?
Maintenant que le voila mort, et qu'on entend déjà les béhachèleries qui grincent, les éloges qui piquent, que les vibrants hommages se rendent jusqu'à la bile, on se dira que le pauvre, mazette, a eu le sort bien triste.
Mourir en 2009, quelle peine quand on a couru le monde ! Mourir à cette époque où l'on fera audience, réclame et donc pognon de votre blanc linceul; où Ruquier, Sarkozy et alii toucheront de leurs doigts sales le marbre de votre tombe, où, forcément, on laissera jusqu'à Morandini couiner son requiem, parbleu, quelle infamie !
Chanceux les chrétiens dévorés par les lions ! Heureux Céline et son tombeau sans fleurs, bien né Nerval au bout de sa ficelle !
Mourir à cette époque ... Mais pouvons-nous comprendre ... Nous autres, qui sommes nés dedans !


Ecrivez nous










12 commentaires:
Merde putain j'apprends la nouvelle de la mort de L.S en direct sur le CGB, ça me fout un coup, je ne sais désormais plus à quel juif me vouer, heureusement qu'il nous reste le nabot de la philosophie Finkielkraut.
Amiral on ne dit pas De Nerval mais Nerval ! ou Gérard Labrunie (je crois me souvenir que c'est son vrai nom), putain quelle misère "Gérard" comme prénom pour un grand chroniqueur de théâtre..
Hem, je voulais dire "pour un grand écrivain" mais c'est vrai qu'il a surtout vécu des ses articles, moi qui possède sa correspondance, ça fait vachement boutiquier "M. Machin vous me devez 50 francs pour ma chronique du tant".. "Mon cher Théophile (Gautier) tu diras à trucmuche de m'envoyer deux places de théâtre à telle adresse, je ne vais quand même pas payer de ma poche, etc...
C'est pas beau à lire la correspondance des écrivains qui crèvent de faim, la correspondance c'est un art bourgeois par excellence.
j'croyais qu'il était déjà mort depuis longtemps.
Il me faut confesser que je guettais les trois coups de canon de l'Amiral en hommage à Claude Lévi-Strauss...
Point déçu je ne fus...
Toujours aussi plaisant à lire...
Tant que Robert Lamoureux n'est pas mort, les autres, je m'en tape.
Yann,
Vous avez raison pour Nerval, je corrige de suite.
Pour sûr qu'il détestait son époque, il n'y a qu'à voir ce qu'il a choisi pour son après-mort (pas d'annonce - il est mort samedi soir - un enterrement très sobre...).
Ca m'a fait mal au cul d'entre-apercevoir dans cette emission de chiotte qu'est le grand journal, BHL (à coté de lagarde) nous parler de lui. Irf!
"Ca m'a fait mal au cul d'entre-apercevoir dans cette emission de chiotte qu'est le grand journal, BHL (à coté de lagarde) nous parler de lui."
Mais qu'est-ce que vous avez tous a parler de votre cul chaque fois que BHL se montre quelque part ?
Ah justement, merci de poser la question. Alors moi quand je le vois je commence à avoir des palpitations et la main droite qui se met à trembler.
C'est grave Docteur?
"Qui se souvient de Claude Lévi Strauss déclarant à la télévision ne pas tellement aimer l'époque... ?"
Sur les sites qui gravitent dans les zones périphériques du champ médiatique, j'ai l'impression de n'entendre parler que de ça. Où plutôt - rendons hommage à la pluralité des voix - quand c'est pas "Race et histoire" pour les uns, c'est Lévi Strauss n'aimait pas son époque pour les autres. Voilà une une paire royale d'objets pour qui se souvient que le chef d'orchestre des "Mythologiques" appartenait à l'époque finissante d'une enclave qui se ferait submerger par le bavardage sans interprète.
Dans le genre récup à tous les étages, Aimé cesaire c'était pas mal non plus. Discours de Dakar compris.
Enregistrer un commentaire