Camarade Bourgeoise
Il est un spectacle assez difficile à nos yeux quand ce n'est à nos oreilles c'est celui des cadettes de la bourgeoisie nous expliquant le monde. Bénéficiant de temps et de crédits illimités quand ce n'est de l'entregent de papa, elles ont toutes les chances de finir par dégoter le bon stage, l'emploi tranquille et gratifiant dans la com ou le journalisme, ce qui est la même chose, du haut duquel elles pourront pérorer de par leur absolue absence d'expérience et de vie, pendant que le nouveau Molière, le nouveau Léon Bloy le nouveau Chaplin se gèlent les couilles et l'âme aux portes closes des rédactions comme dirait l'autre.
Attention lecteur pas d'envie ici, rien d'envieux dans ce paragraphe : nous, Cégébiens, avons pour la plupart décidés, il y a bien longtemps, de ne pas réussir et de rester parmi nos frères de mouise aux marges de la société, ce qui nous permet de vous cracher notre fiel à la gueule en continuant de nous regarder maigrir et devenir fous devant la glace tous les matins (et les autres, ma foi, s'en sortent très bien merci pour eux, mais j'ai les noms...).
Mais revenons-en à vos filles cadettes qui évacuent leur découverte du monde, les yeux à peine décillés par leur tombée du nid parental, telles de nouvelles Lady Di caressant le jour la tête des gosses aux jambes arrachées par les mines vendues par les hommes avec lesquels elles couchent la nuit venue. Armées de leur bonne conscience qu'elles croient citoyenne, mais qui en réalité, n'en fait que le nouvel avatar des dépassées dames-patronnesses. Des exemples connus il y en a à la pelle, il suffit pour ça d'allumer son poste de tv ou d'ouvrir le premier canard venu, mais lecteur si tu viens sur le CGB c'est pour de l'inédit, tu aimes la chair fraiche et les chemins à peine défrichés, alors penchons nous sur le cas d'Hedwige Hornoy, obscure journaliste à la Voix du Nord.
Après une enquête approfondie ou après avoir tapé Hedwige Hornoy dans google au choix nous pouvons en tirer le portrait suivant :
Hedwige Hornoy 24 ans «journaliste». Fruit de l'éducation dans le privé catho. études au Lycée Saint-Joseph de Boulogne, à l'Institut Saint-Luc de Tournai (d'après la brochure C'est un institut engagé; ses activités sont conçues dans l'optique chrétienne. Il ne peut accepter un élève dont la mentalité serait en contradiction avec les principes chrétiens) avant de rejoindre l'ULCO puis l'école de journalisme de Lile. Aime Casimir, l'age de glace 3, WALL-E, les crepes au nutella et le whisky. Aucune trace de goût en matière de lecture. Voilà un cv en béton qui donne une certaine légitimité pour donner son avis dans les journaux. De nombreux amis sur facebook parmi lesquels un étonnant très très faible pourcentage de représentants de la diversité si chère à son coeur. Comme disait Guy Bedos, qui s'y connait sur le sujet, c'est pas parce qu'on aime le peuple qu'on doit forcément vivre avec. Hedwige, le CGB est fier de voir que tu respectes le mot d'ordre à la lettre. Surtout que nous, peuple, on a que peu envie de se mélanger avec toi.
Comme certaines ont les bébés phoques, Hedwige elle son animal totem c'est le Rom. Auquel elle consacre partie de son temps libre, blogs et articles. Du coup cet été, en remerciement de sa servilité, la Voix du Nord lui a payé un voyage en Roumanie pour aller les regarder s'accoupler en leur milieu naturel.
Bien sur de son périple Hedwige nous ramène de beaux articles, la main tendue mais toujours digne.Notamment un sur une famille de Roms déjà croisée par elle à Lille et qui a eu la chance d'attirer notre attention courroucée.
Hedwige rencontre ainsi cette famille devant les fondations de leur future maison. Fondations posées grâce à l'argent ramené d'un dur labeur sur le sol français croit-on deviner mais il n'en est rien. S'il fut une époque où les immigrés venaient en France travailler et faire souche ou alors travailler et mettre de côté pour construire au bled, nous voilà devant un nouveau cas de figure européen, ceux qui viennent pour épargner les allocs pour construire ailleurs. Ce qu'Hedwige trouve formidable au demeurant. Il ressort de l'article un étonnant portrait de la France à la fois salope de mal accueillir ces immigrés et en même temps Eden où tout est gratuit.
Ils ont vécu à Lille, dans des caravanes. Ils espéraient intégrer un village d'insertion. Ils ont bénéficié de l'aide au retour « volontaire ». Depuis février, ils sont de retour dans leur village roumain(...) Le gamin, tout fier, récite les stations de métro qu'il arpentait pour faire la manche(...) Pour se loger, ils sont allés voir les Gitans français. « Ils nous ont vendu une caravane. » Pour se nourrir, ils se sont adressés à des associations. « On avait de quoi manger tous les jours. » Pour entretenir leur rêve, ils se sont tournés vers l'État et ont tendu la main vers les passants. « On a mis les allocations de côté, pour construire notre maison... là. »(...) Accoudé à un break immatriculé « 59 », le père de famille confie qu'il prépare un nouveau voyage en France. « En septembre... peut-être. » Il nous questionne sur les mobile homes. « On était sur la liste d'attente avant de partir... » Les mobile homes, c'est un peu le Saint Graal pour ces Roms. « De l'eau, de quoi cuisiner, du chauffage. » (...)Mais voilà, la communauté urbaine de Lille ne finance plus de nouveaux mobile homes. En septembre, ce sera donc à nouveau la vie de caravane pour ceux qui reviendront à Lille. •
On notera que seuls les gitans français auront eu le bon coeur de leur faire payer quelque chose. Il n'est nulle part question de chercher du travail ou à scolariser les enfants qui sont envoyés faire la manche. Les revenus et logements sont à l'entière charge de la cité, on touche des allocations et même une prime au retour volontaire pour avoir projet de revenir 6 mois plus tard.
Mais d'où vient cette fascination malsaine des bobos journaleux pour les gitans/roms/manouches de tous poils ? Solidarité de nuisibles peut-être ?
Je n’ai rien contre les films de Tony Gatlif ou Kusturica, j'ai grandi autour des feux gitans. Hedwige, ma puce, tu veux que je te les raconte les Gitans ? Et pas de loin, cette fois pas de voyage d'études, de près, pas besoin d'aller en Roumanie pour ça. Je sais, journalistiquement, c'est mal mais je vais te parler de ce que je connais, pas de ce que je fantasme. Les Gitans ce sont mes tantes, toutes filles-mères ente 15 et 20 ans, les HLM payés par la société, les magouilles de fausse mère-célibataire pour toucher un max d'allocs, les chèques de l'assistante sociale aussi conne que toi qui payent les cadeaux de Noël, c'est leur frère en fuite en Argentine pour une énième affaire de drogue, l'autre frère mort en mer parce que ce con a fait l'effort d'aller bosser, mais pas celui de pas y aller bourré. C'est mon petit cousin laissé pour mort la gueule balafrée au couteau à 20 piges dans un camp du coté de Béziers parce que sa mère (qui, elle, n’a pas oublié de s'envoyer en l'air avec des gadjos) a décidé que lui, il se marierait gitanou avec une gitane qu'il ne connait pas, qu'il a jamais vue. Et ce con lui, il aime une petite maghrébine. Autant dire que les frères et la belle-famille n'ont que moyennement apprécié qu'on entache leur honneur et lui ont expliqué le couteau à la main. L'illettrisme voulu, l'obésité, l'ignorance crasse, l'assistanat, l'alcoolisme, la violence, ça te fait rêver Hedwige, ça te fait frissonner ? Moi pas. Ca fait cher la carte postale tu crois pas ? Affreux, sales et méchants ce n'est pas que le titre d'un film. Et on s'en remet difficilement.
Hedwige, tu crois que tes lecteurs, tu sais les mecs qui se cassent le cul sur des chantiers et autres tafs de merde, ils ont envie de s'extasier avec toi sur le bonheur des roms roumains qui viennent en France pour toucher le bon pognon gratos que des assoces sorties de nulle part prodiguent en leur nom ? Tu crois toucher leur compassion ? C'est ça l'idéal humaniste ?
Ton article, Hedwige, avec tous ses bons sentiments dégoulinants, c'est un appel au pogrom. Involontaire certes mais un appel quand même. Ni plus ni moins.
Hedwige l'honnête homme, le quidam de base quand il lit ton article il n'y voit pas une seule fois le mot travail. Il voit des gosses qui mendient, des parents qui touchent du fric pour les en remercier et qui ne pensent qu'à la gratuité. Puis il referme son journal, avale son calva et part bosser. Et encore il faudrait qu'il ait mauvaise conscience ? Et tu te permets encore de le mépriser, de refuser le réel, de te sentir sale et dégoutée de par les réactions que ton article suscite dans sa reprise par le Post.fr. Il y a de quoi aller faire du goulasch.
Sections sucrés comme disait Muray, cet angélisme tout à la fois béat et vindicatif, sur les murs mous duquel on ne peut se fracasser la tête mais simplement rebondir. Quelque chose ne tourne pas rond, on le sait, on le sent mais impossible d'y mettre un nom. Logique de solidarité détournée, tordue, maltraitée n'ayant plus que pour simple but de permettre aux Hedwige Hornoy de se coucher l'âme en paix, heureuses de leur B.A de la journée. On fabrique à la tonne des électeurs sarkozystes ou frontistes, c'est pas grave, mieux ça permettra de faire une manif sympa samedi pour leur cracher à la gueule le dégout qu'ils nous inspirent et en plus ça tombe bien j'avais rien de prévu samedi. Et dire qu'Edwige Antier veut faire interdire la fessée. Alors qu'elle pourrait être une solution aux problèmes des jeunes filles en manque de colonne vertébrale.
Attention, lecteurs, ne vous y trompez pas. Nous ne sommes pas dupes : si la France souffre de ses vampires, ceux-ci ne sont pas les Gitans et autres profiteurs des largesses de ce qu'il reste de notre État-Providence. Les vampires portent bien plus souvent costume et chemise blanche que le marcel ou le tricot. Et le jour de la grande curée, vous ne nous trouverez pas à la conduite des bulldozers rasant les camps des gitans. Non : on s'occupera des amis libéraux de Clarence Boddicker (là encore on a les noms et les adresses..) dans une orgie de common decency. Mais de grâce, si nous n'oublions pas les vampires, que les filles de ceux-ci cessent de nous demander de verser nos larmes sur les tiques.


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15 commentaires:
Clap clap clap !
Et Gabriel Fouquet a même travaillé en immersion totale sur Facebook.
Dire qu'Hedwige, c'est journaliste tout ça, ce si peu...
"Le jour de la grande curée, vous ne nous trouverez pas à la conduite des bulldozers rasant les camps des gitans. Non : on s'occupera des amis libéraux de Clarence Boddicker (là encore on a les noms et les adresses..) dans une orgie de common decency"
Un potlach de décence ordinaire, si c'est que ça on signe tout de suite. Si vous pouviez faire ça au sortir des fêtes de fins d'années ce serait juste bien pour calmer le jeu. Le juste à temps, à table comme en affaire, y a que ça de vrai !
PS: D'ici là, faites gaffe aux long couteaux et pensez à muscler vos lombaires
Saint-Luc à Tournai je connais, c'est aussi catholique que le Festival d'Avignon. Il doit peut-être rester un ou deux jésuites dans le conseil d'administration [et encore, j'en doute], mais je vous garantis que la catholicité du lieu n'est pas vraiment ce qui saute aux yeux !
D'ailleurs, si vous pouviez me donner des adresses d'écoles catholiques qui sont encore catholiques, prévenez-moi, ça fera un scoop terrible ! Ou alors envoyez Hedwige faire une enquête exclusive sur le sujet !
Superbe! Vous n'écrivez pas énormément mais cela vaut le coup d'attendre. Pour l'orgie en question je veux en être! Qu'enfin ce p... de peuple se réveille nom de Dieu!
Bravo
miam :)
Wha merci tout le monde. Vous mériteriez bien un lâché de billets en remerciements.C'est que j'ai mis du temps à le pondre celui-là...
Fromage, quand je liste les lieux d'études c'est plus pour pointer une éducation que j'imagine bourgeoise catho de gauche qu'autre chose.
Ha et j'oubliais : un grand merci à Hedwige Hornoy !
Toujours cette plume de gemme quand monsieur veut bien s'en donner la peine. ;) On en redemande.
Clap clap bis !
Hey...c'est un magnifique bébé: un accouchement dans la violence des mots mais justesse des phrases,bébé à point, j'ai adoré Mr Fouquet et j'en veux encore...ça valait le coup d' attendre.
Edwige , je pense que le mieux pour toi est de retourner fouiner un peu les jupes de môman...Of course!
Hedwige, c'est pour toi. Petit exercice journalistique. Regarde sur un sujet donné quelle autre perspective il est possible d'adopter.
Le Midi Libre, cher à mon coeur Edition du jeudi 19 novembre 2009
Beziers. Elle montre ses fesses au policier puis le tabasse
"Le 28 août 2008, un policier qui passe au pied d'un immeuble à Agde, demande à une habitante de baisser la musique. La jeune fille s'exécute mais sa mère et sa tante ne l'entendent pas de cette oreille. Elles crient au policier de s'occuper des pédophiles et des toxicomanes plutôt que de les ennuyer ; et l'une d'elles montre ses fesses au policier. Les deux soeurs, gitanes, affirment que le policier a eu des propos racistes.
Quand ce dernier rentre au commissariat, il a la surprise d'y trouver déjà les deux femmes. Selon les témoins, les soeurs lui sautent dessus quand il tente de les raccompagner à la porte et lui assènent gifles et coups de pied.
« Il m'a foutu un emplâtre, je lui ai rendu ; on est venu car il nous avait dit que nous les gitans, on avait peur des policiers
et ensuite il nous a fait un doigt d'honneur », explique la prévenue, seule à la barre. « Quand on est gitans, on nous met tous dans le même sac, mais on est civilisé quand même. » La partie civile constituée par le policier demande 1 000€ de dommages et intérêts et 500€ pour les frais de justice.
Le vice procureur Henri Bec requiert trois mois de prison avec sursis pour la prévenue et trois mois ferme pour sa soeur, qui se trouve en récidive légale pour avoir déjà été condamnée pour violences en réunion.
Me Rigaud plaide pour un avertissement : « Vous ne jugez pas des personnes dangereuses pour la société ; le policier a provoqué ma cliente et sa soeur, on est à Agde, il connaît cette famille ; elles vont s'énerver et vouloir donner et avoir des explications ».
La prévenue présente a été condamnée à trois mois d'emprisonnement avec sursis et devra payer à la partie civile 300€ pour le préjudice moral et 500€ pour les frais de justice. La prévenue absente a été condamnée à trois mois de prison ferme."
Une autre façon de faire.
Mais mais... Que lis-je ?
Moins d'Etat providence, de mains tendues, de gitans roumains et de journalistes débiles plongées dans l'humanisme béat du gauchisme à la Bedos...
Les cadres de l'UMP versent des larmes de joie. Alors qu'ils se retrouvent à devoir composer avec tout ce merdier, voir même l'encouragent cyniquement...
On a les politiques qu'on mérite.
Du coup, pour le grand soir, rêvez pas trop, vous aurez du mal à nous retrouver, nous autres les "vrais" libéraux ! Et puis c'est loin Hong Kong ou Singapour.
Et pour ceux qui opteraient encore pour les beaux quartiers parisiens (il y en aura encore un paquet, ils doivent aimer Sade ceux-là), si vous montrez un peu trop les crocs, ils se plaindront, et j'ai peur qu'au vu de l'importance qu'ils représentent (patrimoine, capitaux, amitiés, enfin bref, je vais pas vous faire un dessin), notre Etat-providence-mais-pas-fou-non-plus n'a pas de réels intérêts à les voir déguerpir.
Vous risquez donc de discuter "capitalisme" avec une police, qui loin des égards pris avec nos jeunes banlieusards et autres gitans, vous l'enseignera à coups de matraque en vous tabassant corps et biens ! Et évitez de moufter trop sous les coups, on aime pas le tapage dans ces arrondissements là.
Du coup, non content d'en avoir pris -des coups, j'ai bien peur qu'il faille aussi dire adieu au travail et son petit salaire qui donne un confort minimum, et bonjour aux tracasseries judiciaires.
Retour à la case "gitan" quoi.
Les contribuables sont décidément maudits. Alors la classe "populaire"...
Enfin bon, vous pourrez vous consoler avec l'idée de "common decency". Ah ah ah.
Bon c'est pas tout ça les enfants, mais après ce petit calva offert par tonton Clarence, il est temps de retourner à l'usine et au turbin. J'ai besoin de sous moi. Et le temps, c'est de l'argent.
Clarence, briseur de (g)rêves
Vous la connaissez la journaliste que vous pourrissez? Vous lui reprochez sa naïveté, ses préjugés, et vous, vous faites quoi? C'est pas plein de préjugés vos commentaires? Depuis quand ceux qui ne vivent pas parmi ce que vous appelez "le peuple" (définition? parce qu'à ce que je sache hedwige ne vit pas dans un château ou une tour d'ivoire), ceux qui bossent dans un bureau avec un salaire qui est loin d'être celui d'un cadre comme vous semblez le penser, sont épargnés par la vie? Et puis, vérifiez vos info avant de balancer sur les autres.
Il refoule peut-être de la gueule à vos yeux ce commentaire et sera crapuleusement disciminé (au moins comme étant bourgeois!)
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