28 août 2009

« This is Africa ! »


Oui. Zavez vu ? J’ai mis des guillemets à mon titre. Principe de précaution oblige. Quand fait froid, mieux vaut s’couvrir quoi. Z’avez pas entendu c’qui s’passe ?! Mais non, non, « This is Africa » n’est pas une citation de notre nouvel ennemi public numéro un, le sous préfet Paul Girot (Villejuif, faraway so close) de Langlade.
Non, c’est une citation du personnage incarné par Léonardo Di Caprio dans le film Blood Diamond, cynique trafiquant de diamants, zimbabwéen d’origine qui survécut à la collectivisation des terres façon Mugabe, toute machette dehors, du coup vaguement raciste, se sentant néanmoins africain, et qui finalement se sacrifie pour sauver son nouvel ami noir, incarné par l’acteur dont le nom m’échappe pour l’heure mais qui incarnait le beau révolté d’ébène d’Amistad de Spielberg. Oui, je sais, je sais : des chiffres, mais aussi des lettres. Ça se goupille. Tout s’emboîte. C’est Djimon Hounsou…



C'est Bamako sur Seine ici ! (humour)


Ça veut dire quoi « This is Africa » ? Eh bien tout simplement que l’Afrique, c’est le boxon, un bordel sans nom ! Moi j’en sais rien Tonton, j’y ai encore jamais mis les pieds ! Oui, je sais Tonton : c’est suspect. Tout homme blanc se doit de faire du tourisme en Afrique pour aller à la rencontre de la vraie vie, celle qu’est connectée avec la nature, le cosmos, la récup et les décharges ; voir les singes rouges, la savane, prendre des photos, descendre le Niger en barcarolle, tailler sa route à coup de machette dans la jungle tout en pensant au Rwanda, monter sur le toit d’un taxi brousse, prendre des photos, boire des mixtures de lait et de sang de chèvre avec les guerriers Massaï, voir des girafes, femmes ou femelles, prendre des photos, avoir la chiasse, payer des pots de vin aux check points, chopper la malaria, ne pas courir devant les éléphants, ne pas nourrir les lions, retenir son souffle au vol de la mouche Tsé-tsé qui fait tant rire le guide, donner des stylos aux écoliers dans leurs écoles cahutes, creuser des puits, grailler du manioc, planter sa Queshua dans ce qu’on croyait être le camping du bled soit, en plein camp de réfugiés, prendre des photos, prendre des photos, des photos et nous, nous, on connaît déjà le discours de rentrée : « Ils sont tellement gentils, souriants et accueillants les africains ! » M’voyez ? « Les africains, ils sont détendus, relaxes. » Bardamu, y disait qu’y zétaient nonchalants non, feignants ?… L’Afrique, le berceau de l’humanité. Le touriste occidental à bons sentiments, le raciste à vagissements par excellence…


Camping 2


« This is Africa », j’en sais rien Tonton, j’te l’dis, j’en sais rien si c’est véritablement le bordel là-bas ! Oui, et ce, outre le fait que je discutais hier avec un pote dont la profession consiste à faire du business dans tout le continent africain... Une heure de discussion, un beau voyage et « 100 000 euros dehors Papa ! » J’en sais rien dis-je. Je sais juste que cette sentence à consonance fataliste et cynique, « This is Africa », n’est pas si éloignée de la phrase prononcée par notre sous préfet de la honte : « On se croirait en Afrique ici. », à comprendre par « Vais-je devoir vous verser un bakchich pour passer Monsieur l’agent de sécurité, noir au demeurant ? » D’ailleurs, le sous-préfet dans sa riposte du jour ne se défend pas autrement : "J’ai dit on se croirait en Afrique ici ! Comme j'aurais dit : On se croirait en Asie ou en Amérique, si ce contrôle avait été effectué correctement et avec rigueur. Or ils ont fait n'importe quoi !"… « This is Africa » Tonton ! C’était pas une belle image ? Polaroïd : « Il n’y a que des noirs ici. » Oui, et le problème c’est qu’« ici », c’était Orly, France, et pas la putain de Sierra Léone…


"Laissez-moi passer, je ne suis pas préfet, je suis le pilote !"


En quoi consiste le crime de la pensée dont s’est rendu coupable Paul Girot de Langlade ? Oui, je dis coupable, car Paulo a déjà été guillotiné par les bourreaux médiatiques. Rappelons que sa hiérarchie l’a immédiatement lâché en le suspendant : un tir ami préventif… Sacré Brice, Brice et ses vols karchers Air France… Faut dire que le gus avait déjà fait parler de lui en amalgamant tout rom à un vulgaire voleur de poules. Comment est-ce encore possible, de nos jours, après Emir Kusturica ?! Les pauvres roms qui à l’occase, quand ils ne mendient pas nos pièces à coup d’insultes et ne regardent pas peinards la téloche dans leurs « roulottes » à parabole, frimeraient en Bentley ou Audy TT, tandis que les missionnaires laïques ou pas de nos associations loi 1901 se cassent le cul pour les fournir en eau potable… Non, mais c’est une plaisanterie ou quoi ? !



"On m'appelle le cavalier blanc ! Enfin, quand je dis blanc..."


« This is Africa », « Il n’y a que des noirs ici. » Quel est donc cet ici ? La France ? Non, non, du calme, du calme. Orly, aéroport international, soit. Mais précisément ? « Ici », au portique de sécurité, que le sous préfet devait emprunter, comme tout le monde, pour rejoindre son vol, embarquer. Un « ici » qui ne se résume plus qu’à 5 ou 6 personnes en somme… Deux en vérité. Constat micro économique. Bon, alors ? Le mot noir deviendrait-il honteux, à l’instar du mot juif ? Tabou ? Non, nous ne pouvons conclure de la sorte, alors que la statistique ethnique est réclamée à cour, à cor et à cri par les illustres défenseurs de la diversité et de l’égalité des chances. Il faut compter et selon l’origine, l’ethnie, la couleur. Il faut préciser que la stat ethnique a notamment pour but de mettre en branle des quotas de minorités visibles dans les entreprises, soit de faire la chasse aux discriminations, de mettre au pas les racistes par l’institutionnalisation de la discrimination positive, qui n’est pas du tout une sorte de racisme light, de paternalisme pédagogique à l’haleine chargée d’un je ne sais quoi de colonialisme allégé, vu que la discrimination positive, son but, c’est de replacer les compétences au cœur du recrutement… Et je vous arrête de suite bande de réacophiles : ne venez pas nous parler de concept de Double pensée d’obscurs penseurs paranoïaques tels Orwell et Michéa ! Non, et que le mot black ait supplanté le mot noir ne démontre rien ! Que Zinfos 974, le journal d’information de l’île de la Réunion utilise ce mot en l’occurrence qui nous intéresse et noir sur blanc ("Effectivement, les deux agents de sécurité étaient des 'Blacks' »), ça prouve que dalle ! Paulo, l’est peut-être coupable d’un truc, mais apparemment, c’est pas d’un mot… « Il n’y a que des noirs ici » ! Pas une chance que Paulo n’ait exprimé en réalité qu’un réel contentement ?


Photo de l'un des gardes de sécurité ; tous droits réservés Zinfos 974


Paulo, poursuivi pour « injure raciste à caractère public », article 33 alinéa 3 de la loi du 29 juillet 1881… Qu’est ce qu’une injure raciste ? Une injure raciste suppose la réunion de deux éléments : une expression outrageante, terme de mépris ou invective, qui ne renferme l’imputation d’aucun fait, proférée envers une personne ou un groupe de personnes en raison de leur origine ou de leur appartenance ou non appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée. Notons que le caractère public de l’infraction est constitué si l’injure raciste est proférée dans un lieu public. Elle est punie d’une peine plafond de 6 mois de prison et de 500 euros d’amende. Précisons que l’article R 624-4 de la Section 3 du Code Pénal dispose que « L’injure non publique commise envers une personne ou un groupe de personnes à raison de leur origine ou de leur appartenance ou de leur non-appartenance, vraie ou supposée, à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée est punie de l'amende prévue pour les contraventions de la 4e classe. » Faites gaffe à vos miches les réacoracistes : ce n’est plus vous qui êtes partout.
Rappelons pour complément d’information que l’article L 225-1 du Code pénal porte définition d’une discrimination : « Constitue une discrimination toute distinction opérée entre les personnes physiques à raison de leur origine, de leur sexe, de leur situation de famille, de leur apparence physique, de leur patronyme, de leur état de santé, de leur handicap, de leurs caractéristiques génétiques, de leurs moeurs, de leur orientation sexuelle, de leur âge, de leurs opinions politiques, de leurs activités syndicales, de leur appartenance ou non appartenance, vraie ou supposée à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée. » Décrire, c’est discriminer. On joue sur les mots ? Dont acte.


Aucun rapport, mais il fait démarrer les motos russes...


En l’espèce, il s’agit de combiner les deux phrases du sous préfet : « On se croirait en Afrique ici (…) Il n’y a que des noirs ici. » Si nous traduisons selon le parti pris Blood Diamond, nous arrivons à la combinaison suivante : « C’est le bordel ici (…) Il n’y a que des noirs ici. » Sous entendu : « C’est le bordel ici car il n’y a que des noirs. » L’injure raciste est constituée. Fin de partie. Que Paul Girot de Langlade ne soit en réalité pas fondamentalement raciste, ce n’est pas le problème. Non, le problème, c’est quoi le problème ? Le problème, c’est la négation d’une certaine réalité, une espèce de sclérose mentale, une histoire de cheval de Troie …


"armer le percuteur puis..."


Aujourd’hui, il n’y a qu’un Barack Obama pour pouvoir dire aux Kényans que leur misère vient principalement d’eux, il n’y a qu’une Dambisa Moyo qui soit autorisée à dire qu’il faut cesser d’aider les pays africains (« Le résultat de l'aide, c'est une croissance plus lente, une pauvreté plus grande, et l'Afrique à l'écart du progrès économique. (…) L'aide est le problème. »), il n’y a qu’un Thomas N’Guijol qui soit autorisé à faire de l’humour noir…Aujourd’hui, il n’y a qu’un libyen pour accueillir en héros un terroriste raciste, un meurtrier occidentophobe. Aujourd’hui, il n’y a que la victime présentée du racisme, qui a depuis appris à s’autoproclamer et à se percevoir intimement en tant que tel, qui ait droit de pratiquer le racisme, en creux, en se posant au moindre accroc comme victime de racisme ou de discrimination, ou à ciel ouvert. Et ce rétropédalage sablonneux s’insinue. Il coupe comme la silice, et il vous guette aux points d’eau Tontons... « Je suis différent. Je suis protégé parce que je suis différent. Je suis différent parce que je suis protégé. Je suis identifié. Je suis identitaire. »
Qu’aurait pu avancer un agent de sécurité blanc, aux prises avec le suffisant sous préfet d’opérette Langlade ? Car en réalité, cette ridicule histoire ne traduit-elle pas avant tout un « racisme socioprofessionnel » ? Langlade n’est pas une victime. Mais le moyen de sa déchéance se niche dans une perversion. Nouveau fiasco.

Les lois anti racistes sont une injonction à sens unique. L’horizon du babtou Papa, c’est Bono le clown !


4 commentaires:

Clarence Boddicker a dit…

Lé(s)tat: BIG UP !

Oui le BIG UP, forcément ! C'est limpide comme du silex, noir comme un noir, et ça vaudrait d'être publié sur wikipédia sans la motion:

"Cet article ou cette section est sujet à caution car il ne cite pas suffisamment ses sources. (avril 2009)"

Mais je sais, je rêve... vu qu'on pourrait crier au racisme !

Clarence, are your racist ?

Dalidada a dit…

Euh... Si Monsieur le préfet voulait faire du Thomas N'guijol, il avait qu'à ramener sa claque (en cherchat un peu on trouve des intermitemps pour pas cher) . En écrivant ton papier, mon beau, je suppose que t'as pensé à ca ? "Dans la rue on ne verra bientôt plus que des artistes, mais on aura toute les peines à y voir des hommes."

Personne a dit…

Pas besoin d'aller en Afrique pour se relier avec le cosmos, il suffit juste de sortir de sa ville et d'aller dans sa cambrousse locale à la rencontre de l'autochtone adepte d'eau de vie faite maison (l'alambic dans la cave - prohibition french connection). Ou de méditer au pied d'un arbre loin des lumières -polluantes (de la ville) et de voir un ciel pur.

Pour les singes rouges, ça on n'a pas en stock ici.

humanisme-citoyen a dit…

"Eh bien tout simplement que l’Afrique, c’est le boxon, un bordel sans nom !"

"Depuis des années, je dis : « Ne mettez pas les pieds en Afrique, c’est le continent du chaos ».":

http://www.les4verites.com/Ne-mettez-pas-les-pieds-en-Afrique-1788.html

Dans l’affaire Woerth-Maistre-Bettencourt, qui tire les ficelles derrière Edwy Plenel ?