27 juillet 2016

M'étonne pas !

Source : Corse-Machin sur Facebook.
https://www.facebook.com/corsemachin/?fref=nf

Pour ceux qui ne connaissent pas Corse-Machin, ça vaut le coup d'oeil.

15 juillet 2016

Have a Nice day

Bombe sale

14 juillet d'horreur à Nice : 84. Morts.
Bouquet final de cauchemar.
Une foule en gerbes sur le trottoir.
Ils n’étaient pas venus pour se faire écraser. 
Ils étaient là pour voir le défilé.

#JesuisNice. #TuesNice. #TuerNice. #NicematueR.



14 juillet 2016, Paris est une fête et Nice est un deuil.

13 juillet 2016

Camouflage culturel

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Booba vanille

Le plus beau souvenir de ma vie est le concert de reformation de NTM en 2008. Je n’y étais pas mais il m’a donné l'occasion d’assister à une scène des plus comiques : trois jeunes cadres de ma boîte avaient choisi de s’y rendre non sans l’avoir fait largement savoir, très excités par la perspective. Lorsque le lendemain, je leur demandai comment cela s'était passé, ils se montrèrent nettement refroidis : partagés sur la qualité de la prestation, mais surtout déçus que le public soit composé pour partie de « petits blancs » venus s’encanailler !

En somme, ils auraient voulu oublier qu’ils étaient eux-mêmes de « petits blancs bourgeois » l’espace d’une soirée, et se fondre dans une faune de banlieue authentique et certifiée, mais le rêve leur a été gâché par un public de semblables, venus chercher le même frisson. Mouarf ! Ils étaient dépités comme le touriste se rendant au zoo de Beauval, croyant plonger au coeur de la jungle et de l’aventure, mais s'y trouvant coincé dans une file de touristes avec la même idée que lui.

L'anecdote caractérise assez bien ce qui pourrait s’appeler la dissimulation culturelle du bourgeois moderne. Longtemps, la culture a été « de classe » - culture populaire, culture bourgeoise, culture dominante, sous-culture… - trouvant même son usage à être brandie de façon ostensible pour marquer son appartenance et se distinguer des autres classes. Il en va différemment aujourd’hui, pour ce qui concerne le Bourgeois tout du moins.

Celui-ci délaisse sa culture de classe, trop visible, trop stigmatisante, pour adopter celle de l’opprimé. Stratégie de discrétion, voire de camouflage : il épouse la culture dominée comme le papillon d’Amazonie revêt les couleurs de la feuille morte sur laquelle il se pose. Le voilà ainsi baignant dans la contre-culture, friand de rap contestataire, très chatouilleux sur la cause noire-américaine. Un mauvais mot sur un juif ou un homosexuel et vous l'atteignez plus sûrement que les intéressés eux-mêmes. Il est complètement empathique avec les damnés de la Terre. Il juge de la qualité artistique des graffitis qui l'insultent sur les murs : que c'est beau un laissé pour compte qui s'exprime. L’alter-mondialisme lui donne à réfléchir. Bien qu'il soit relativement bien servi sur le plan économique et social, il fait mine de souhaiter que le monde change. Il déplore l'ultra-libéralisme et concède que les rouages de l’Union Européenne sont peu démocratiques, mais vous pourrez tout de même le reconnaître aux trémolos dans sa voix lorsqu'il apprend l'éventualité d'un Brexit.

C’est que le favorisé a parfaitement intégré que le prestige moral, à notre époque, revient au marginal, au minoritaire, à la victime, au renégat, au floué ou supposé comme tel. Assez naturellement, il en veut sa part. Cela lui était impossible tant que ce supplément d'âme était réservé à l'opprimé travailleur, mais cela devient envisageable maintenant qu'est considéré "opprimé" tout tenant d'une minorité ou marge quelconque. Il suffit de soigner son camouflage culturel. Faire semblant d'en être, du moins d'être sur la même longueur d'ondes.

Ainsi dissimulé, pleinement compatissant avec le monde d'en-dessous, le Bourgeois peut jouir plus paisiblement de son aisance. Pour vivre heureux, vivons caché !

5 juillet 2016

Parental Advisory Explicit Content


à votre avis, par où est passé Goldman Sachs ?

Franck Lepage - l'art contemporain



Je m'attends à essuyer des mécontentements, puisque Lepage est un affreux gauchiste. Perso, rien à foutre, il est ce qu'il veut. L'important est le contenu de la vidéo.
Donc ne perdez pas votre temps à dénoncer Lepage et d'évitez de parler du contenu dans les coms. Sinon abracadabra, j'égorge un poulet sur la tombe de Joseph McCarthy et plus de com. Puis, je lance une malédiction sur vos misérables vies (une diarrhée frénétique du moyen âge, appelée " les marécages du diable ").


En bonus

30 juin 2016

Le Chef-d’œuvre de Didier Goux ?


Voilà un titre qu’il est culotté. Parce qu’il prétend faire mieux que Michel. Parce qu’il est opportuniste à souhait. Rien que pour ça j’avais envie de lire le roman de Didier Goux, histoire de voir s'il était honnête et traitait véritablement de Houellebecq, ou si nous étions dans la supercherie gonflée.

En fait non : j’ai simplement de la sympathie pour le blog de Goux et du plaisir à lire son style, et j’avais envie de voir comment il s’en sortait sur l’exercice du roman. Voilà la raison.

Le pitch : un vieux bougon qui aspire à la tranquillité noue relation malgré lui avec différents jeunes gravitant dans son quartier. Le regain d’intérêt qu’il se surprend à ressentir pour leurs histoires lui fait rouvrir certaines questions laissées en suspens au cours de sa vie. En fond : la suave texture de notre époque moderne. Et un fil rouge : la tentative de l'un des personnages d’écrire le roman définitif que Michel Houellebecq n’aurait pas encore su offrir au monde à ce jour.

Philippe Muray disait que le romancier du XXIème siècle serait celui qui saurait rendre compte de la platitude et du ridicule de notre époque. En refermant le livre de Didier Goux, je ne suis plus certain qu'il ait raison. Philippe Muray lui-même n'a-t-il pas déjà épinglé cette modernité, d'une manière si définitive que ce n'est plus à faire ? Le ridicule du réel n'a-t-il pas pris une telle ampleur qu'il est devenu trop quotidien pour qu'on souhaite le retrouver dans une lecture, trop caricatural pour qu'on puisse encore le caricaturer ? Contre toute attente, la peinture de la mascarade moderne est ce que j'ai trouvé moins réussi dans Le Chef d'oeuvre de Michel Houellebecq.

Si le roman vaut, c'est selon moi moins pour cela que pour les échappées plus personnelles, plus intimes, dans lesquelles s'égarent le personnage, et l'écrivain. Entre les ornières de Muray, de Balzac, de Houellebecq, parviennent à exister les fleurs sauvages de Didier Goux, que je qualifierais d'authentiques morceaux de littérature.

Ceux qui sont intrigués par la place qu'y tient notre Michel Houellebecq ne seront pas en reste, avec un portrait de l'écrivain plus vrai que nature.


28 juin 2016

Maurice G. Dantec, l'interview posthume

Au nom du Verbe, du Sujet et du Complément d'objet direct

Maurice G. Dantec, vous êtes décédé samedi 25 juin 2016, merde…
Je suis mort ouais et alors ?
Je suis mort, c’est-à-dire que précisément j’ai été rendu à la vie éternelle, ok ?
En vérité je vais être très clair, je vais vous le dire cash ok ?
J’avais mes lunettes noires comme d’habitude et je fumais un mille-et-une feuilles quand j’ai fermé les yeux...
Parce que j’ai fermé les yeux à cette nanoseconde très précise, j’ai vu.
Tout.
J’ai tout vu ok ?
Mieux qu’après un verre d’ayahuasca  ombragé d’un parapluie cocktail en buvard LSD.
J’ai vu l’épingle dans le tas d’épingles.
J’ai vu la croix en or dans la nécropole contrefaite des marchands du Temple.
J’ai vu l’invisible, maelstrom tsunamique ultraélectromagnétique.
J’ai vu qu’au bout d’un couloir, comme celui d’un hôpital psychiatrique à ciel ouvert, y’avait une lumière, de celles qui brûlent parce qu’elles éclairent, de celles qui éclairent parce qu’elles contiennent la vérité, toute la vérité, ok ? La Tri-Unité.
Cette lumière venait de derrière un rideau couleur blackbox.
Derrière le rideau, y’avait une porte in-put-bronze-lourd-mordoré, dans le genre de la Porte de l’Enfer de Rodin.
J’ai sorti mon fusil à pompe métacortical, défoncé la cryptolourde avec mes gros sabots double zéro chambrés dum dum et là, j’ai dit : « Salut, c’est le grand méchant logos. Personne ne bouge. Mettez les mains sur la tête, surtout si vous êtes un sodomiseur de mouches à chèvre du désert... Si vous avez été crucifié, merci de ne pas applaudir… »
Chaque point de suspension a raisonné comme une décharge de chevrotines.
J’ai fait mon petit métaeffet, et cash ok… du genre lancement orbital à l’hydrogène pyrotechnicisé made in Cap Canaveral.
What’s next ? The Future/Past, The Space Out, un God pour chacun.
What fucking else ?...  

Après Black M pour fêter les 700 000 morts de Verdun, quelle commémoration t'éclaterais le plus ?

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