25 avril 2016

Hyperlive #NuitDebout : le direct

Je suis Charlie, Aylan, Thalys, Bataclan, Bruxelles et... Démocratie qui dort debout !
Off
Fouquet - Ach, ach, que j'ai mal au dos mon bon vampirounet des Carpates, mon petit El Pocho de la toundra de l'échangeur A4/A86 direction Créteil...

Lestat - Bé qu'est-ce qu'y'a mon Fouquinouche de l'extrême? T'as passé la nuit en repérage à Répu, dormi sur un trottoir, chevauché de dos une punkachien des millefa ? Jvais être obligé de siffler pénalty, de sortir le calepin à ordonnances, et d'invoquer des prescriptions du genre drastiques. Alors, un mojito toutes les cinq minutes par voie orale, de l'acide tétrahydrocannabinolé par inhalation toutes les heures, et un moteur dans le cadre, ça peut pas faire de mal...

 Fouquet - Ah !

Lestat - Plaît-il mon Fouquinet ? Le traitement fait déjà effet ?



Fouquet - On est à l'antenne. On est à l'antenne ! Pu-tain de pe-tit con de... Xix ! Xiiiiix ! EEEEEET OUUUUUIIIII BONSOIIIR A TOUS, VOUS ETES SUR LE CULTURALGANGBANG POUR UN HYPERLIVE EXCEPTIONNEL !

Hyperlive en direct de #NuitDebout c'est ce soir à partir de 21h

Le bonheur pour tous c'est simple comme une grande ronde
Retrouvez-nous ce soir pour un Hyperlive exceptionnel en direct de NuitDebout ! Nous vous rappelons les règles du jeu : toute l'équipe du CGB déconne en direct et au fur et à mesure, vous rafraichissez la page. A ce soir. Coup d'envoi à 21h.

5 avril 2016

La Civilisation numérique et Bodinat

AU-FOND-DE-LA-COUCHE-GAZEUSE

Pouvoir observer la nuit : voir un ciel de nuit, qu’il soit nuageux, étoilé, ou illuminé par la lune. Voici une chose simple, qui devrait ne pas être trop demander comme on dit. Une chose étrangement censée être à la portée du premier clochard venu, mais qui est aujourd’hui rendue impossible à toute personne appartenant au monde de la ville, des éclairages et des écrans. Avoir fenêtre sur nuit : voici un luxe qui est amené à le devenir pour de plus en plus de monde, alors que c’est le moyen le plus simple et le plus direct pour se rappeler sa condition humaine : celle de naufragé sur un caillou, flottant dans un infini d’autres cailloux.

Ou encore : sentir son rapport au temps, sa présence au monde, son « da sein » comme dirait l’autre ; le sentir par les pores de sa simple solitude, de l’ennui. Le B-A-BA. Mais un B-A-BA rendu impossible lui aussi, à l’âge de l’écran de poche, qui à chaque instant peut vous sonner, vous tracer, et vous rattache en permanence aux « amis », aux autres, à l’actualité, aux impondérables, aux notifications et mises à jour… Vous n’êtes plus jamais seul, plus jamais désœuvré, plus jamais disponible pour l’ennui, plus jamais là mais toujours ailleurs, sur d’autres ondes.

On n’a pas fini de mesurer l’impact que produit la « connectivité » sur le monde et sur l’homme. On n’a pas fini, sauf peut-être Baudoin de Bodinat, qui s’est assigné cette tâche dans son livre Au fond de la couche gazeuse, où il exprime très finement et précisément ce changement aussi imperceptible qu’irréversible.

L’écran, télé ou portatif, n’est pas un gadget de plus sur la liste des inventions technologiques, mais créé une nouvelle modalité d’existence, parallèle à la première. Il modifie à jamais le rapport de l’homme aux choses. Comment le monde, baigné de ces ondes et traversé par ces flux permanents qui s’échangent dans l’air, s’en trouverait inchangé ?

24 mars 2016

Bruxelles Dead End






"Bon y'aurait eu des attentats à Bruxelles y'a 15 minutes... qu'est ce que je fais ? c'est quoi la Belgique ? ... Tintin ! ah ouais voilà je dessine Tintin... Tintin... Tintin qui pleure des frites ! ça c'est bon ! ça mon coco c'est les likes assurés !"


Le lecteur trouvera peut-être que ce billet est une resucée de ce que j'avais écrit en novembre dernier. Il aura entièrement raison, dès lors que les Belges s'appliquent à resucer les Français avec une application et un enthousiasme qui forcent le respect.

En effet, s'il y a quelque chose à saluer aujourd'hui, ce sont bien les progrès croissants faits en matière de réactivité citoyenne depuis les événements de Paris. Le 13 novembre dernier, on avait dû attendre le lendemain avant de pouvoir se rassembler autour de #PrayForParis et autres hashtags, dessins et symboles de notre solidarité. Cette fois-ci, les Tintins et Manneken Piss sont sortis dans la minute. Impressionnant de réactivité et de créativité citoyenne, mobilisation émouvante des réseaux sociaux. L'article rassemblant les meilleurs "dessins sur les attentats de Bruxelles" a pu sortir dans l'après-midi, et pour ne rien gâcher, une expo des meilleures caricatures ouvrira dès ce dimanche.

Au même moment, un grand quotidien publiait un édito plein de noble affliction et de haute philosophie, titrant doctement "La barbarie n'est jamais admissible" (sans rire ? Et l'eau mouille toujours ?): un édito à l'aune des réactions générales des médias qui toutes se montraient si matures, si sereines dans la tristesse, si nobles dans le tourment, si élevées dans la détresse, à l'unisson avec la haute stature de Laurent Joffrin qui, quelques heures à peine après les explosions, penchait déja sa digne silhouette sur notre petit pays pour nous entretenir du chagrin, voyez-vous, et déclamer son amour pour "Bruxelles la bigarrée, la cosmopolite, la ville de l'accueil", l'éventuel lien de cause à effet entre ladite bigarrure et lesdits attentats n'étant pas analysé outre-mesure...


23 mars 2016

Blague belge : Guy Moquette 2016

Tous aux abris

Ma petite maman chérie, 
Je t’écris cette lettre pour te dire que je vais mieux. 
Bien mieux. 
Hier, ça a beaucoup pétaradé à Bruxelles, et il y a plus de 30 morts et plus de 200 blessés.
Alors moi, je vais mieux. 
Bien mieux.
Pendant que beaucoup de gens intelligents se demandent est-ce que tout ça c’est une guerre ou pas, plein de barbus style streetwear tirent sur nous ou se font exploser pour nous tuer, et ça, ça me fait le plus grand bien.
Maintenant qu’ils ont recommencé, oui, moi je me sens bien. 
Bien mieux. 
Même si le mieux est l’ennemi du bien et que padamalgam, jamais. 

15 mars 2016

Kad Merad : « Non, je ne suis pas à court d'idées pour le cinéma français »

Huit ans après « Bienvenue chez les Ch’tis », qui avait fait rire la France entière avec des blagues sur le mauvais temps, les salles obscures s'apprêtent à accueillir le film « Marseille », avec toujours Kad Merad, et Patrick Bosso dans le rôle de Dany Boon.

Aux mauvaises langues qui lui reprochent de tirer un peu sur la corde, l’acteur et réalisateur Kad Merad réplique au contraire qu'il s'agit du deuxième volet d'une oeuvre beaucoup plus vaste et extrêmement ambitieuse, qui formera une quadrilogie et dont il faudra attendre la fin, en 2032, avant de pouvoir la juger.

Avis aux cinéphiles !

 

14 mars 2016

Con qui se filme en train d'être con

 

C’est l’idée du con subjugué par sa propre caméra. Celui qui fait ce qu’il est en train de faire uniquement parce que c’est filmé. Ou photographié.

Nous avons là le point commun entre le « snowboarder » de l’extrême se filmant sur les pentes neigeuses impossibles, réalisant des acrobaties à se rompre le cou, et le bédouin terroriste analphabète qui découpe consciencieusement une tête du corps à qui elle appartient avec son couteau. La synthèse parfaite étant Mohammed Merah, qui pour immortaliser l’exploit de tirer à bout portant sur des enfants en bas âge, s’était offert une Go Pro, la « caméra de l’extrême ». C’est la caméra à portée de tous accompagnée des moyens de diffusion idoines, qui a permis à cette idée de germer dans un esprit et à cet acte de se produire.

La société de l’image fascine à ce point l’esprit humain qu’elle parvient à lui faire faire des choses qu’il ne ferait jamais autrement. Les martyrs grotesques de cette civilisation étant ces gens qui désormais, meurent de s’être mis dans une certaine situation pour se photographier par téléphone : en famille devant une falaise et hop ! brandissant un pistolet chargé et pan ! captant la foudre avec leur perche et braoum !

Nous avions les morts naturelles, criminelles, accidentelles… Voici les morts qui normalement, n’auraient pas dû avoir lieu. Normalement, c’est-à-dire s’il n’y avait pas eu un appareil photo ou une caméra. A moins que la technologie ne fasse que coucher sur pellicule la mort des ancestraux crétins dont le dernier mot fut : « tiens-moi mon blouson, je vais faire un truc ! »…

Ainsi le royaume des ombres se peuple d’une catégorie d’âmes nouvelle : les morts photographiés qui se sont tués tous seuls, par erreur. Un vrai casse-tête pour les législateurs du Purgatoire.

Les nouveaux TER de la SNCF sont trop larges. Que pourrait-on raboter d’autre en France ?

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