24 juillet 2014

Vers l'Iran



Avant de partir, un petit voyage sans bouger avec L’usage du monde de Nicolas Bouvier. Embarquement pour l’Iran.
« On croit qu’on va faire un voyage, mais bientôt c’est le voyage qui vous fait, ou vous défait. » 

« La vertu du voyage, c’est de purger la vie avant de la garnir. » 

« Ce n’est qu’une petite somme mais c’est beaucoup de temps. Nous nous refusons tous les luxes sauf le plus précieux : la lenteur. »  

23 juillet 2014

Hyper-Intifada mentale

Cette scène se déroule-t-elle à Gaza ou à Barbès ?
L’actuE.
Barbès.
Ramdam en plein ramadan.
Les conspira-sionistes se frottent leurs mains d’or.
13 juillet, Bastille : « Israël assassin ! Hollande complice ! » « Mort aux juifs ! »
La LDJ est là. Elle nargue, se replie derrière le cordon de CRS.
14 juillet, François Hollande : « Le conflit israélo-palestinien ne peut pas s’importer en France. »
Ok, d’accord François…

22 juillet 2014

Les bonnes questions et les mauvaises questions

En appelant à ses côtés la journaliste Léa Salamé pour prendre la suite de Natacha Polonaise dans « On n'a pas couché », le talk-show du samedi soir de France 2, l'animateur joufflu a confié son intention de « sortir du clivage gauche-droite », qui était jusque-là la marque de fabrique de l'émission. Il ne reprendra donc pas de chroniqueur de droite.

« Ce débat gauche/droite devient assez ridicule », a-t-il confié [source]. « Je n'ai plus besoin d'avoir des éditorialistes de gauche ou de droite, mais un vrai couple de journalistes qui posent de bonnes questions ».



Le dernier mot.


Il se fait que je ne possède pas de smartphone, et que, par conséquent, le monde des applications Internet m’est tout à fait étranger. Je navigue sur le Net à l’ancienne, en tapant mes recherches à la main (qui eût cru qu’on puisse si rapidement utiliser l’expression « à l’ancienne » dans un domaine aussi neuf ?). J’apprends qu’il existe une application pour envoyer (et recevoir) un mot. Un seul et unique mot. Et encore, quand je dis un mot, je m’avance : il s’agit de « YO », c'est-à-dire tout de même moins qu’un mot. Un truc qui se fait passer pour un mot. Un myo, à la rigueur, pas plus.

Moi, je croyais qu’on pouvait envoyer toutes sortes de mots avec un outil aussi bête que le SMS, mais j’ai dû rater un épisode. En tous cas, quand je veux envoyer un mot (ou plusieurs) à ma femme, comme par exemple « je n’en peux plus, je te quitte », j’utilise le SMS. Si je n’avais droit qu’à un seul mot dans la phrase précédente, je serais fort embêté : lequel choisir ? Quitte ? Je ? Peux ?

21 juillet 2014

Les gens qu'on déteste : les copromanes



Nous ne manquons pas de raisons de détester nos semblables, oh non. Nous manquons parfois de temps, nous manquons d’énergie ou d’opiniâtreté, mais de raisons, point. Parmi des innombrables raisons, beaucoup tiennent à ce que nos semblables font, d’autres à ce qu’ils sont, et d’autres encore résument ces deux catégories : ce qu’ils disent.
On néglige souvent un fait considérable : un con est souvent un con qui s’exprime. L’être humain est ainsi, il a de la gueule. Il dégoise, il ne peut s’en empêcher. Il gagnerait sans doute à la fermer, il passerait – qui sait ? pour un sage, un type fréquentable, au moins pour un inoffensif. Mais non, il blablate et, le faisant, donne sa mesure. Car le propre du connard est de parler avec les mots, les expressions des autres. Inutile d’attendre de lui la moindre originalité sur ce point, la moindre marque infime de personnalité. Et, entre tous les mots et toutes les expressions existants, c’est vers les plus débiles que porte toujours son choix.

Que penser en effet d’un homme qui utilise l’expression « caca nerveux » et qui, entre toutes les façons d’exprimer une idée, choisit la plus absurde, la plus vulgaire, la moins réaliste, la plus rebattue, la plus conne ? Car elle est conne, cette expression infâme, et je vais le démontrer.

17 juillet 2014

Finkie clash Bob l'éponge

Après le clash entre Booba et Tariq Ramadan, le CGB vous présente le nouveau pétage de plomb de Finkie qui fait déjà fureur sur la réacosphère !!



Attention en visionnant cette vidéo, le lecteur s'expose à une peine de prison de 15 ans à Guantanamo et une amende de 500 000$ !

Tu aimes les coups de gueule d'Alain ??  Souviens toi de Robert Castel !!


16 juillet 2014

Rendez-nous Thierry Roland


Il est courant de se moquer des journalistes sportifs. Tout nous y pousse, il faut le reconnaître. Leur vulgarité décomplexée semble n'avoir plus de limite. De leur discours, ils ont progressivement supprimé toutes les formes, qui n'étaient déjà pas formidables, et s'expriment désormais sans plus aucune retenue, se tutoyant à qui mieux mieux, ne faisant plus mystère de leur connivence avec les gens qu'ils sont pourtant censés interroger. Partant de ce débridé des formes, il était prévisible que le reste suive la même pente. Ils font donc assaut de "naturel" dans ce qu'ils se permettent de dire à l'antenne comme dans les piteuses lignes qu'ils produisent, qu'on peut qualifier de "nature" au sens où l'on emploie ce mot pour désigner une pratique estivale consistant à s’exhiber publiquement sans mettre de slip.
Quant à l'appellation de "journalistes", elle est fortement douteuse de la part d'une caste qui lie des liens de consanguinité avec les sportifs eux-mêmes, avec tous les acteurs du monde sportif, tant et si bien que la plupart des "affaires" touchant ce milieu ne sortent jamais sous la plume d'un de ces spécialistes patentés...
Et pourtant, les journalistes sportifs sont des modèles.

15 juillet 2014

American Psychose

Brunch HD Diner Hôtel de Ville (75004 Paris 4eme)

Quelqu’un ayant grandi comme moi dans les années 80-90 pouvait raisonnablement penser qu’en matière d’américanisation, notre société avait eu son compte, que l’American way of life avait fait son chemin voire son temps, pénétré notre culture aussi profondément qu’il lui était possible. Quelqu’un comme moi pouvait penser qu’avec la domination écrasante de la musique et du cinéma, l'attrait irrésistible de la langue anglo-saxonne, la demande spontanée de fast-food et de marques vestimentaires, la vénération des stars et starlettes d’outre océan… le processus d'américanisation était achevé. 

Or depuis quelques années, tout montre que la marche s’est réenclenchée, qu’il est possible de pousser l’acculturation beaucoup plus loin.

A Paris comme dans d’autres villes, nous voyons fleurir ces boutiques qui sont des copies conformes de commerces américains :

  • ici un restaurant à « bagels » tenu par un type à bonnet new-yorkais, où chaque détail jusqu’au sachet de mayonnaise et au bocal de cornichons a été importé de là-bas pour faire comme si… (pas d’Amora s’il vous plait, merci bien !)
  • là un « Diner » des années 50 où l’on fait bien sûr « le meilleur burger de la ville », celui qui fait tant glousser les imbéciles…
  • ici encore un foodtruck comme là-bas, qui circule et se propose de servir des « classiques californiens »…
  • là enfin, une boutique 100 % spécialisée qui fait d’adorables « cupcakes »… Mais si, vous savez, les cupcakes !
   
« Bonn'jouw, je swuis Ameuwicain' » 

A travers le langage également, un cap est franchi. Il ne s’agit plus, pour un jeune Français,

12 juillet 2014

CGB Dimanche du 12 juillet 2014


Le son du jour qui lui brise son coeur de garce


Après la vidéo de Bill Withers, la semaine dernière, on m'a demandé si j'avais une music list soul sous le coude, pour diffuser. Ce n'est pas vraiment le cas. En matière de musique comme en général, rien ne vaut les découvertes qu'on fait par soi-même, au gré des conseils et des hasards. Ceci dit, puisque j'évoquais 1972 comme une année remarquable, restons-y.

1972, Stevie Wonder a déjà dix ans de carrière derrière lui, bien qu'il ne soit âgé que de 22 ans. Il sort l'album Music of my mind, très grand cru. Il y joue tous les instruments (sauf une partie de trombone et, ici, la guitare solo) et donne la mesure de ce qui va devenir sa période classique, sa décennie miraculeuse. Il se place au sommet de la soul et définit pour quarante ans sa grammaire. Nos chanteuses actuelles de néo soul n'arrivent toujours pas à sortir du phrasé du maître, comme si plus rien n'était possible après lui. Elles ne manquent pas de voix, ces petites, mais elles manquent totalement d'intérêt. On ne fait pas de la soul après Stevie Wonder, c'est tout. Et puis, on ne peut pas chanter cette musique si le moindre soupçon d'y avoir un intérêt commercial subsiste. La soul, c'est sincère, c'est religieux, ou ça n'est rien du tout.

Superwoman (Where Were You When I Needed You) est une chanson en deux parties, deux parties bien distinctes, comme son titre à rallonge l'indique. Autant le dire tout de suite, la première partie ne me semble pas exceptionnelle. C'est une chanson comme Stevie Wonder et d'autres soul men en ont fait beaucoup. Mais à partir de 3.05, la deuxième partie nous entraîne dans un des plus beaux morceaux soul jamais réalisés, tout simplement. Où étais-tu quand j'avais besoin de toi l'hiver dernier, chante Stevie Wonder, il ne dit presque rien d'autre que ça, et pourtant le morceau prend une ampleur épique, chaud et vivant comme le feu d'un amour bafoué. La mélodie atteint immédiatement son but : le cœur. Et l’orchestration fait le reste avec une sorte d’évidence insensée. C’est le propre des grandes chansons d’amour : elles font passer la perfection pour de la simplicité. Elles nous consolent des sommets, qu’elles déposent là, entre nos mains.




Les nouveaux TER de la SNCF sont trop larges. Que pourrait-on raboter d’autre en France ?