12 mars 2010

Le baiser de la lune en 2070

LE BAISER DE LA LUNE EN 2070

Une absurdité prophétique de Paracelse


En 2030, suite aux deux terribles guerres mondiales des différents blocs continentaux, les survivants formèrent un pacte de non-agression et créèrent la Confédération Planétaire de l’Ultralibéralosocialisme Écarlate. Ils prirent pour dieu : « Trotsmith ».
Sous cette nouvelle ère, l’éducation des enfants est totalement soumise au joug du ministère du contrôle du savoir, bâti sur des connaissances confuses de l’Ancien Monde. Un cours d’éducation sexuelle tolérant est dispensé dès l'entrée en classe de CE1 et constitue l’essentiel du programme annuel.


— Bon, les enfants, on se calme.
Le silence retomba dans la salle de classe.
— Aujourd’hui, nous allons aborder un nouveau sujet un peu délicat, souhaité par le ministre de l’Éducation nationale, Madame Christiane Girard. Alors, je vous demanderai d’ouvrir grand vos orifi… euh… oreilles.
— Quelqu’un parmi vous connait-il le sens du mot « homosexualité » ?
— Moi, monsieur !
— Très bien, Nordine, nous t’écoutons.
Nordine se leva timidement et fouina quelques secondes dans sa mémoire.
— Ah, voilà ! Mon tuteur m’a dit que l’ « omoxsualité »
— Homosexualité, Nordine !
— Oui… que l’omo… sec… sualité était quand une… euh… tarlouze élargissait le trou de balle d’une pédale ! Je n’ai jamais su ce que ça voulez dire, monsieur, mais mon tuteur m’a toujours appris que je devais m’en souvenir toute ma vie et faire attention aux omo… sec… sualités. Il m’a parlé de phoques aussi, monsieur. J’ai bon, monsieur ?
Les autres enfants n’avaient pas du tout saisi le sens de ces explications obscures, alors que l’instituteur était choqué des propos infâmes du petit Nordine.
— Non, Nordine, ton tuteur raconte n’importe quoi ! Je vais devoir le convoquer d’urgence et je t’ordonne d’oublier ses saletés tout de suite !
— Bien, monsieur…
— Et arrête de m’appeler Monsieur ! Je t’ai déjà expliqué plusieurs fois de m’appeler Gérard !
— Oui, Gérard…
— Bien… Alors écoutez attentivement les enfants, car c’est d’une importance capitale pour vos équilibres psychologiques et émotionnels.
— OUI, GERARD ! répondit en chœur l’ensemble de la classe.


— L’homosexualité est un vaste, très vaste, très très vaste sujet. Dans les siècles obscurs et archaïques de notre beau pays la… euh… euh…, merde euh putain… oh, pardon les enfants, je veux dire zut, l’instituteur ne se rappelait plus le nom de son pays, nom chargé des insanités de son histoire, euh… AAAHHH… je l’ai su autrefois…
— La France, Gérard ? Proposa la petite Lindsay.
— Euh… oui, c’est ça ! Merci, Lindsay !
— Donc la Frange, dans des temps d’une barbarie sans nom…
— C’était l’époque des cisteras et antisémites blancs et arabes, Gérard ?
— Euh… c’est quoi un arabe ? dit Nordine.
— Pas tous en même temps, Nordine. C’est exactement ça, Moshe ! Et aussi des homophobes. C'est-à-dire qu’ils détestaient les homosexuels.
— Ils étaient tous méchants, Gérard ? lui demanda Sophie.
— Malheureusement oui, ma puce. Selon des statistiques révisées depuis peu, à cause de critères d’évaluations jugés insatisfaisants par le ministère de l’Histoire officielle, on estime de 72 à 93 % environ les « âmes inférieures » de ces époques. 1 à 3 % étaient des haineux et 3 à 93 % n'avaient pas l'intention de baiser avec les homosexuels.
« Baiser », Gérard ? demanda naïvement Zuzanna.
— Mais c’est quoi un arabe ? répèta Nordine.
— Oui, baiser, et j’y viens tout de suite, ma puce. Dans ces temps-là et encore aujourd’hui, les hommes et les femmes, que les enfants nommés « père » et « mère », pratiquaient des rituels de plaisirs appelés « baise » ou « nique » et qui servaient aussi à la procréation naturelle. La procréation naturelle constituait l’ancien processus de naissances des humains. Il est rendu obsolète depuis les avancées fulgurantes de la science et de la création, il y a déjà quarante ans, du Centre International de Procréation Génétique d’où vous êtes tous nés, puis loués à l’année à vos tuteurs. Afin que vous compreniez mieux, nous allons visionner deux vidéos différentes. La première est ce que les « anciens », dans le but de se stimuler, appelaient un « film de cul » ou « film de boules » selon des sources divergentes.
— OOUUUAAAHHH, dirent les enfants à l’unisson.
L’instituteur, Mr Gérard Legôcho que je vous présente, abaissa l’écran de projection et se dirigea vers le projecteur à l’autre bout de la salle de classe. Sur le chemin, le petit Nordine lui demanda discrètement :
— Gérard, c’est quoi un arabe ?
— On n’a jamais su réellement, Nordine. On n’a pas d’informations précises issues du ministère du contrôle du savoir. Je sais juste que c’était un des types humains de l’Ancien Monde.
— Moi je sais, Gérard, dit Moshe, mon tuteur est un employé de la Confédération Planétaire de l’Ultralibéralosocialisme Écarlate et m’a déjà parlé d’eux. Ils avaient une peau mat comme toi Nordine et voyageaient sur des hippopotames à deux bosses. Ils avaient interdit toutes formes de religions sous peine de punition qu’ils appelaient « Chatwa ». Il me semble que ce sont eux qui s’étaient spécialisés dans la charcuterie de porc ou alors qu’ils ne mangeaient que du porc, un truc comme ça, je redemanderai à mon tuteur. Il m’a aussi dit qu’ils ne s’appelaient pas vraiment « Arabes » qui était un surnom, mais plutôt « bougnoules » ou « bicots ».
— Ah oui ! Ce sont eux aussi qu’on appelait jadis « bamboula », précisa Mamadou.
Nordine pouffa en entendant la sonorité grotesque de ces mots et se retourna vers le petit Wong-Chan, la tête de Sino-Turc de la classe.
— Bougnoule, bicot, bamboula !
Moshe et Nordine, les deux inséparables, s’esclaffèrent comme des folles.
Habitué, Wong-Chan reçut ses injures avec une indifférence et un flegme taoïste.
— Il suffit, Nordine, dit l’instituteur, et concentrez-vous sur ces deux vidéos. La première, donc le « film de cul », est une forme de rituel de plaisir. Ce film a été sélectionné par la ministre en personne. Il s’intitule… euh… l’instituteur fouilla dans une des multiples poches de son baggy de marque « Che Style » et en retira un bout de papier, le défroissa, puis lut à haute voix : « l’apocalypse dans ton cul ».
— Gérard, c’est quoi un cul ? demanda Petra.
— Aujourd’hui, c’est l’idole poilue et sacrée, symbole de l’humanosocialisme universaliste, brodée en motif sur le drapeau de la confédération. C’est l’ancien mot pour le fion, Petra.
— Ils avaient un drôle de vocabulaire avant, répliqua Petra.
— Donc, on peut dire que Wong-Chan le bougnoule a un gros cul ! insista Nordine pour le plus grand plaisir de l’ensemble de la classe qui se manifesta dans une orgie de rires. Excepté Petra, secrètement amoureuse de Wong-Chan, qui éprouva un pincement à son petit cœur d’artichaut.
— Nordine, c’est la dernière fois que je te le répète ! Tu te calmes maintenant ! Ce que tu viens de dire à Wong-Chan, ça s’appelle du racisme et c’est dégueulasse ! Je te conseille d’abandonner ses habitudes immédiatement, Nordine ! Tu sais bien que je n’ai pas le droit de te punir selon les « droits cosmogalactiques de la sainte enfance », mais lorsque tu seras majeur, les milices de sécurité publique « LA HARDE », elles, n’apprécieront pas ce type particulier d’humour. Les crimes discriminatoires sont les seules passibles de la peine de mort par empalement et sans jugement préalable. Compris, Nordine !
— Oui Gérard, bégaya Nordine en baissant les yeux, mais en pensant en son for intérieur « Abruti de bicot ! ».
Gérard Legôcho tenta de se ressaisir tant bien que mal. Ce déversement de négativité était inhabituel, lui qui avait tant suivi la formation spirituelle du parti et ses préceptes de positivité libératrice. Pour se calmer et endiguer la production de radicaux libres, il imagina avec une clarté et une vivacité brusque, le dieu Ultralibéralosocialiste « Trotsmith », puis ses émotions s’apaisèrent laissant place à un calme zenique.
— Concentrez-vous, je commence la projection.
Un lit à baldaquin… un homme musclé et tatoué… une femme aguicheuse en nuisette… un caniche nain et frisé en spectateur… une verge glorieuse… une vulve inondée… deux langues s’entremêlent… une main virile saisit un sein proéminent… un œil de caniche avide… un doigt dominateur farfouille l’antre… de doux gémissements… un regard féminin satisfait… une perforation vaginale… deux râles extatiques… un canidé émoustillé se dresse sur ses deux pattes… un déhanchement rythmé… un corps féminin se crispe et bouge dans tous les sens… t’aimes ça, chienne… défonce-moi, sac à merde… deux cris ultimes… un tintamarre du feu de dieux… une gerbe blanchâtre sur un visage… un caniche qui aboie et danse la gigue.
— Mais c’est dégueulasse, dit Nordine.
— Pourquoi le monsieur barbouille le visage de la dame avec du liquide blanc ? demanda Petra.
— On appelle ça une éjaculation faciale, ma petite Petra. C’est un rituel de clôture de la « nique », répondit l’instituteur.
— Et c’est obligatoire ? dit Petra.
— Oui, ma puce. On peut aussi appeler cet acte symbolique : « envoyer la purée », car ça peut s’avaler si on le désire, signifiant par là, que la femme accepte corps et âme l’offrande gracieuse de l’homme.
Petra se retourna vers Wong-Chan et mima discrètement avec ses deux mains une masse qui asperge son visage, puis quelque chose qu’on boit avec son pouce. Ensuite, elle lui fit le coup du regard de biche en clignant plusieurs fois des paupières.
Mais elle est folle ! C’est immonde ! pensa Wong-Chan.
— Le liquide blanc se nomme du « sperme » ou « liquide séminal » ou encore « foutre ».
— Comme « va te faire foutre », Gérard ? demanda abruptement Nordine.
— Oui exact, Nordine. Cette expression insultante vient de là. Le sperme est un liquide épais et blanchâtre produit par les glandes sexuelles mâles et renfermant les spermatozoïdes.
— Les spermes à taux bizarroïdes ? répèta Moshe.
— Non, les spermatozoïdes, Moshe. En un seul mot. Les spermatozoïdes fécondent l’ovule de la femme, c'est-à-dire se joignent à l’ovule pour permettre la naissance de bébés neuf jours plus tard, si mes souvenirs sont bons. Du moins, c’était ainsi avec l’ancienne méthode de fabrication d’être humain. Aujourd’hui, les spermatozoïdes chez l’homme et l’ovule chez la femme ont été désactivés après la fécondation dans l’utérus artificiel dans le cadre du système actuel de procréation.
— Donc avant, l’homme spermatozoïdait la femme dans la bouche, où se trouve l’ovule, pour faire des bébés. C’est ça, Gérard ? demanda Mamadou.
Gérard Legôcho se gratta la boite crânienne à la recherche de ces vagues souvenirs et parce qu’il n’avait pas l’habitude de trop raisonner, il en conclut rapidement :
— Oui, c’est ça, Mamadou !
OUAAHHHH, fit l’ensemble de la classe.
— La vidéo que vous venez de voir est une « baise » entre hétérosexuels. C'est-à-dire entre personnes de sexes opposés, c'est-à-dire entre un homme et une femme. Mais, les enfants, il existe aussi la possibilité d’une « nique » entre des personnes du même sexe, entre homme et homme ou femme et femme. C’est ce qu’on appelle : l’homosexualité, les enfants. Comme le ministère n’a pas retrouvé de vidéos des « anciens » sur le sujet, il en a confectionné une sous forme de conte, intitulé : « L’Ogre et le petit dépucelé »… regardez bien ce qui suit, les enfants.
Gérard Legôcho appuya sur la touche « Lecture » du projecteur.
Clairière boisée… un homme déguisé en lutin… un caniche nain et frisé en sympathique compagnon… un homme hideux vêtu d’un pagne et armé d’un gourdin surgit d’un buisson… Hum, un farfadet, j’ai faim… Non, pitié, ne me mangez pas, méchant Ogre… Dans ce cas-là, farfadet, plaque tes mains sur ce gros chêne à glands et voute le dos… futal et calefouette du farfadet baissé… (erreur de montage… t’es prêt, Robert ?... Ouais, vas-y cash, Marcel !) perforation anale… un œil de caniche avide… yeux de l’ogre révulsé et intense satisfaction… un canidé émoustillé se dresse sur ses deux pattes… yeux du farfadet injecté de sang et visage torturé… Ogre se retire… une purée envoyée sur le visage du farfadet… un caniche qui aboie et danse la gigue.
— Vous avez des questions, les enfants ?
— Gérard, le lutin avait l’air de souffrir, dit Moshe.
— Mais non, Moshe, ça faisait partie de l’histoire, mais en vérité, et pour avoir plusieurs fois essayé moi-même la « nique » homosexuelle, ça fait beaucoup de bien. On y prend un grand plaisir.
— L’omo… sec… sualité est obligatoire, Gérard ? demanda Mamadou.
— Oui et non, Mamadou. Il est obligatoire d’avoir essayé au moins une fois sous le contrôle d’un huissier. Ensuite, on s’adonne à la pratique de « baise » que l’on souhaite, mais l’homosexualité est vivement recommandée par la confédération. Il existe même un projet de loi rendant l’hétérosexualité illégale qui a de bonnes chances d’aboutir, puisqu’il est soutenu activement par le « Führoncle », notre guide bien-aimé de la confédération, et qu’il est le seul à pouvoir proposer et voter une loi.
La sonnerie de fin de journée retentit.
— Vous pouvez y aller, les enfants. Cependant avant que vous ne partiez, je voudrais rajouter qu’il existe un autre genre de « nique » que l’on appelle : « partouze ». C’est tout simplement de la « baise » entre plusieurs couples, toutes orientations sexuelles confondues. Il faut juste prévoir un karcher pour nettoyer le sperme, les enfants. Mercredi prochain, vous aurez une interrogation mimétique en couple. Couple que je vous laisserai le soin de former vous-même.
À ces mots, Petra se retourna vers Wong-Chan le suppliant du regard et Nordine attrapa la main de Moshe qui acquiesça (quelle belle utopie !), semblant dire : à la vie, à la mort et à la « nique » !.


FIN






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Luchini et Muray à l'atelier


Le livre a été inventé par des égoïstes qui voulaient fournir la joie de s’isoler au plus grand nombre. Dans le livre en tant qu’objet, tout indique le plaisir solitaire, ou l’effort du même nom. Les caractères sont petits, la place idéale pour les lire est totalement occupée dès qu’une personne s’y trouve : c’est une affaire intime. A ceux qui prédisent un avenir funeste au livre, je réponds qu’ils se trompent : l’isolement intime, le retrait de la Course, le silence intérieur et la lenteur du verbe construit deviendront bientôt tellement rares, tellement subversifs, que même les plus sots des hommes (nos descendants) en comprendront la valeur. Il n’est même pas interdit de penser qu’ils y trouveront autre chose qu’un bête plaisir : un moyen de survivre.

Cependant, il n’est pas interdit de lire à plusieurs, c'est-à-dire à haute voix, quand le texte en vaut la peine et qu’on possède une diction irréprochable. C’est ce que fait l’immense Fabrice Luchini depuis des années, et bien plus. Je signale donc au lecteur parisien que Luchini lit Philippe Muray ce week end, au théâtre de l’Atelier, dans le dix-huitième arrondissement.
Petit veinard.

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Voyage, voyage ...



I. Les avez-vous vus, les avez-vous entendus ? Des cohortes, amis bolcheviks, des manipules, des légions ! Des cars, des trains et des avions, remplis mieux que possible !

L'occident, depuis qu'il parle anglais, s'est trouvé une passion : il affrète en indicibles niais tout ce qu'il a de transports et expédie le tout de par le vaste monde. Ce sont des cars de retraités berlinois au Maroc, c'est l'amicale laïque des pétanqueurs picards à Djerba, c'est un américain énorme au Népal.

C'est aussi, surtout, des jeunes et des moins jeunes, bios, sympas, ouverts, et, comme de juste, dûment répertoriés sur Facebook.

Sur Facebook, amis bolcheviks, existe une carte. Homo Festivus y consigne ostensiblement les pays qu'il "fait". Car, c'est entendu, l'aventurier nouveau "fait" le Mexique, le Sénégal, la Grèce.

Ceci : trente ans de tourisme gluant ont causé plus de tort au Tiers Monde que des siècles de colonisation n'en causeront jamais.

II. Subsiste, le principal étant dit, une importante question : quelle possibilité, dans pareille conjoncture, pour l'honnête homme ? Tout chevalier errant doit faire voeu de voyage, il lui incombe de cheminer sur la terre comme aux cieux, mais où pérégriner quand le monde est jonché d'imbéciles ? Plus une mer, plus une forêt, plus un temple qui soit vierge de la bêtise glacée !

III. Camarades, nos guides touristiques sont formels : contourner l'obstacle demeure chose faisable, il suffit de consulter les listes, jadis dressées par l'adipeux Empire.

Corée du Nord, Lybie, Iran, Syrie ... Il est des pays sublimes où les olives sont mûres, où nous irons tranquilles, soulagés du danger d'y croiser notre grossier voisinage.

Allons, mon âme, prendre le thé chez Kadhafi !

Allons là où les fantômes ne sont pas, là où le tourisme a trop peu d'air pour vivre.

Asseyons-nous sur quelque dune de sable et attendons tranquillement la nuit pour le lointain spectacle.

Car c'est la nuit, amis bolcheviks, nos guides sont formels, c'est la nuit que Washington, Tel-Aviv et Dubaï, c'est la nuit que New York, Jérusalem et Londres, Paris, Berlin et Knokke-Le-Zoute, c'est la nuit que les villes mortes tomberont.

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Shake ton Boutih !



En utilisant l’expression euphémistique de « diversité », en son sens actuel, ou celle de « minorité visible », on désigne les gens qui ne sont VISIBLEMENT pas conformes au corps social traditionnel et majoritaire de la France. En prenant ainsi des détours sémantiques pour adoucir le caractère brut de ce qu’on veut désigner, on distingue tout simplement les Blancs des « autres » (matez les guillemets), c'est-à-dire essentiellement des Noirs et des Arabes, et marginalement des Asiatiques. Si le sens de minorité visible parle de lui-même, celui de diversité indique forcément qu’au corps social initial qu’on présente comme homogène, viennent s’ajouter des éléments étrangers qui, additionnés au premier forment cette fameuse diversité. J’ai beau tourner dans ma tête ces éléments-là, je ne vois pas quel autre sens on peut leur donner.

La Halde est une institution abominable, non pas dans son principe, qui est de lutter contre une chose indigne, mais par ses productions, ses intentions et le niveau jamais atteint de sa bêtise collective. Qu’elle ait présenté le plus célèbre poème de Ronsard comme une vision donnant « une image somme toute négative des séniors » est une tâche indélébile qui se paiera un jour si la justice est encore de ce bas monde. Mais qu’on ne s’y trompe pas, et qu’on se garde de rire de cette sottise trop manifeste : en attaquant à Mignonne allons voir si la rose et son auteur, la Halde savait parfaitement qu’elle touchait un des symboles historiques de ce qui a fait la langue française, et son identité. Comme le flic qu’elle est, elle tentait un touché rectal au fondateur de la Pléiade pour vérifier si, sous le lustre de ses productions, le vieux poète ne cachait pas quelque monstre rappelant les zheures les plus zombres de notre hiztoire. Si ça ne dépendait que de moi, tu t’en doutes, lecteur familier, la Halde serait dissoute fissa et ses membres passés au goudron et aux plumes. La question de la personne qui préside donc cette haute autorité de mes fesses n’est pas de celle que je me pose le soir avant d’aller faire la bringue.

Gérard Longuet non plus. On le connaît depuis longtemps, Gérard, il n’est pas du genre à se poser des questions. Les animaux politiques tels que lui se posent plutôt des réponses, c’est ce qui les distingue du philosophe, leur assure des voitures de fonction toutes options et un revenu bien supérieur au sien. Chaque fois que Gérard Longuet exprime une opinion idiote, la plupart des gens de ce pays font comme s’ils n’avaient rien entendu. C’est la seule solution qu’on ait trouvée pour avoir un peu de repos, tant la sottise colle à la peau de ce reptile comme une mue éternellement renouvelée. Cette fois-ci, Gérard balance une salade sur la Halde en faisant comme si le sujet méritait qu’on y réfléchisse. Pour lui, la France devant tenir le rôle de l’accueillante, il reviendrait à un français « traditionnel » de présider l’asile de dingues. Un français traditionnellement blanc. Comme si la Halde était devenue le hall d’entrée de la France où l’on fait patienter (oh, à peine) les impétrants pendant qu’on passe vite fait l’aspirateur pour que tout ait l’air nickel ! Et pour bien montrer qu’on a décidé d’être méchant avec les discriminations, c’est un Grand Chef Blanc qui ouvrirait solennellement les réunions du club… Woputain !

Là où la chose devient vraiment drôle, comme chaque fois, c’est à l’entrée en scène du parti socialiste. On a dit beaucoup de mal de ce parti, on s’en est beaucoup moqué ces dernières années, mais il faut savoir être honnête et reconnaître ses erreurs : c’était insuffisant ! Le parti socialiste français (j’adore écrire ces trois mots, comme si je répétais une formule magique qui ouvre un monde de possibilités infinies, de surprises toujours plus étonnantes) trouve scandaleux qu’il puisse exister des français d’un type traditionnel. Il n’appelle pas explicitement à leur disparition pour la bonne raison qu’ils n’existent pas, mettez-vous ça dans le crâne ! Au lieu de débiner Longuet sur les conneries qu’il vient de dire, il s’offusque qu’on ait pu remarquer que Malek Boutih est arabe ! Mieux, il demande (certes, par la voix d’Harlem Desir) que Longuet s’excuse auprès de lui, comme si il lui avait fait une offense personnelle ! C’est auprès de la France toute entière qu’il devrait s’excuser, Longuet, si ce rôle n’était pas totalement phagocyté par Ségolène Royal ! Pour bien marquer que l’ultra gauche est plus à gauche que la gauche, Besancenot devait en sortir une plus énorme encore, il a eu ce mot, que je te laisse méditer, lecteur, toi qui a la malchance d’appartenir au corps social traditionnel: « Le 'corps français traditionnel', c'est quelque chose qui pue, c'est quelque chose qui ne sent pas bon ». Ça fait toujours plaisir à entendre.


Le credo offuscatoire du parti socialiste français (j’adore ce mot !) implique qu’on ne fasse jamais mention de l’origine d’une personnalité publique, sauf naturellement quand c’est pour lui donner une place de choix ou le désigner à l’admiration du cosmos. Bonne nouvelle, le Père de Tous les Paradoxes est français : c’est celui qui consiste à traiter de raciste un Longuet qui introduit une distinction ethno raciale entre des personnes pressenties pour dirigée une Haute Autorité dont c’est très exactement le métier ! La Halde épluche les statistiques et les témoignages pour montrer que des discriminations d’ordre ethno raciales existent. Comment le fait-elle, si ce n’est en s’enquerrant en permanence de la couleur de peau des individus ? Sur les 750 mecs qui viennent de se faire licencier des deux dernières boîtes de mécaniques de Saint-Chamond, par exemple, la Halde ne peut être intéressée que par ceux qui ne sont pas blancs de peau. Elle est faite pour ça, elle « discrimine » en permanence, elle fait un tri ethnique parce que ce sont ses statuts, sa raison d’être qui l’y obligent. Mais attention, pas question qu’on fasse la moindre remarque sur l’origine du futur président ! Le pire, dans l’histoire, c’est que Malek Boutih, qui a pris publiquement position contre les discriminations positives, est probablement le moins cinglé des réformeurs de monde qui grenouillent autour du pouvoir. Si Sarkozy pense à lui pour la Halde, c’est soit qu’il veut qu’elle arrête de déconner sur Ronsard, soit que Boutih s’apprête à changer de positions sur beaucoup de points…

Si les personnages de Corneille (le tragédien, pas le baltringue) souffraient tant, c’est qu’ils devaient choisir entre suivre les commandements de l’honneur, écouter la raison, s’abandonner à l’amour ou respecter les liens familiaux, tout ça pour une même situation, évidemment. Nous autres, Français d’aujourd’hui, avons le choix entre les conneries de Longuet, les immondices de Besancenot, les tartufferies du partisocialistefrançais, les commentaires médiatiques des vedettes du rapslam et l’envie d’exil au Galápagos. Cornélien.

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10 mars 2010

Ce monde burlesque en devenir



Sans oublier :
- les hamburgers hallal de Quick chantant du Raï'N'B
- les godemichets sonores avec des voix masculines chaudes et viriles : hum, t'aimes ça ou tu la sens bien, là !
- Le Coran, la Bible, les Upanishads, la Torah, etc. scénarisées en vidéo holographique
- la télévision à projection holographique et un module qui fera la morale à vos enfants durant votre absence
- Du PQ intelligent qui s'insinuera au plus profond de votre anus pour bien le nettoyer en profondeur, grâce à ses multitudes de robots nanotechnologiques.
- un sèche-corps et un gratte-dos articulé et automatisé dans les douches
- La prostitution légalisée avec affichage des prix sur écran LCD à projection holographique
- vos chiottes qui vous souhaiteront la bienvenue et une bonne journée
- des papiers peints qui changeront de couleurs et de motifs sur demande (sélectionné par Valérie Damidot)
- des robots domestiques qui vous feront le ménage, la cuisine, les courses, du baby-sitting, une bonne branlette, vous raconteront des histoires en vous bordeant, vous laveront les dents, couperont vos ongles, serviront de marche-pieds, éduqueront vos enfants, débattront philosophiquement ou politiquement avec vous, feront office de fleshlight ou d'anus artificiel pour les célibataires, frapperont vos enfants ou votre compagne ou votre chien ou votre voisin ou un inconnu à votre place, vous épileront mesdames, vous épileront messieurs, vous appliqueront vos crèmes de nuit ou de jours, conduiront à votre place et rempliront les constats en cas d'accident, seront condamné à vos procès à votre place et les ingénieurs en robotique travaillent déjà sur un moyen pour que les androïdes meurent à votre place
et plein d'autres réjouissances que vous pourriez faire vous-mêmes...
MAIS SURTOUT PLEINS DE GPS NANOTECHNOLOGIQUES DANS TOUT LES OBJETS ET PLEINS DE SYMPATHIQUES ET INNOFENSIVES CAMERAS !



Mon pire cauchemar, mon cauchemar fondamental, absolu, c'est la vision du futur que propose Bill Gates, un futur où il y aura une caméra à chaque coin de rue et où chaque conversation sera enregistrée. Je préférerais m'enfoncer une fourche dans les yeux
[James Woods]

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Qui veut bouffer du cochon identitaire à Quick ?

Lorsque des identitaires désirent se faire bouffer dans des hamburgers, ça donne cela :



Décidemment, la connerie est la fondation principale du militantisme communautaire.

lorsqu’une connerie contraire vient se mêler à une connerie initiale, ça
s'additionne. Ma mémé

Les associations inquisitrices antiracistes ont de beaux jours devant elles.

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8 mars 2010

On est tous fana de Salvador Dali


Salvador Dali
envoyé par le-pere-de-colombe. - Découvrez plus de vidéos créatives.



Conversation entre Salvador Dali et le professeur Henri Laborit

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La chanson de la journée de la Femme

Dédiée aux vraies femmes:

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7 mars 2010

Patrick is still alive !!


Topaloff_Break
envoyé par Culturalgangbang.


Patrick le CGB ne t'oubliera jamais.

Patrick Topaloff, (30 décembre 1944 - 7 mars 2010, Paris), était un animateur, acteur et chanteur français.

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L'impayable Charles Max



Une vidéo volée lâchement à Frömageplus

P.R.O.F.S. réalisé par Patrick Schulmann (1985)

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IZIA, le slip chantant

Ce soir, on a vendu aux veaux la "révélation rock de l'année". L'héritière Higelin, IZIA, serait aussi celle de Janis Joplin, un souffle de liberté et d'audace s'étendrait sur la "scène rock française"...
Vérifications faites, l'héritière Higelin a surtout inventé le rock sponsorisé™. A à peine 18 ans, l'adolescente, sans faire de crise, s'est déjà vendue à une marque. Izia est en réalité un slip Petit Bateau©.

Un slip qui adooore son papa! Décidément, les enfants de stars, du fils Glucksmann à la fille Higelin, ne sont qu'amour et dévotion pour leur papounet... à la fois père et tendre mère nourricière.
Ils seraient bien cons de ne pas continuer à téter le bon lolo des révoltés.


Au CGB, on ne saurait trop vous conseiller la lecture des publireportages sur le site officiel de la belle, les aspirants rockers apprécieront le style et continueront à bouffer des nouilles en l'écoutant "au p'tit poste" (sur Oui-oui FM).

Echantillon de littérature pub-rock:
IZIA, jeune rockeuse de 231 mois, incarne parfaitement les valeurs que Petit Bateau défend. « Je veux transmettre de la combativité et de l’énergie, pas de l’ordinaire. À la fin de mes concerts, les gens viennent me voir en disant : « Je me sens bien, j’ai envie de faire la fête » Et c’est exactement ce que je veux insuffler » (Télérama, le 18 juillet 2009). Izia + Petit Bateau = un clip détonnant !



IZIA : slip chantant Petit Bateau millésimé de 231 mois d'âge



Pour les gourmands: http://www.telerama.fr/musique/les-higelin-pere-fille-mode-d-emploi,45206.php

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6 mars 2010

Négociation finale

Un an en Cégébie, cela se fête... Surtout après le résultat désastreux du match de dimanche dernier...




L'heure est arrivée de négocier une prolongation de contrat, et, ne le cachons pas, avec le départ de Boddicker, on peut même tenter la revalorisation salariale (un troisième Blackberry ne serait pas de refus, surtout pour les appels à destination de Tel-Aviv)...
Rendez-vous est donc pris avec notre sympathique DRH.
En bon minarchiste, j'ai, bien évidemment, refusé d'être accompagné par un représentant d'une de ces cellules crypto-syndicalistes...
J'entre, immédiatement, je constate que la bouteille de Martini, blanc, est vide. Ça part mal
...
(Je passe sur l'échange de politesses, le résumé d'épisodes de Santa Barbara, etc... Et j'entre dans le vif du sujet)
- T'as jamais rien fichu, faut produire, coller avec l'actualité, tu crois pas qu'on va t'garder avec ta maléfi...euh famélique production...
- Mais, l'actualité, outre le dernier SNSD, elle est en Grèce, pas dans les pseudos polémiques sur les régionales et un "voyou multi-récidiviste" du PS (sacré pléonasme, si on me demande mon avis), polémique certes révélatrice de l'époque, mais pas fondamentale... Avec le naufrage de la Grèce, la zone euro, elle va prendre cher dans le museau..
- On s'en balance de la Grèce, c'est loin... Pis, dis pas de gros mots...
- Un gros mot ? Tu veux dire écono...
- TUT !! Pas de gros mot !! T'comprends ?!
- ....... Tu n'aurais pas une autre bouteille de Martini, à tout hasard ?
- Pas pour toi, Reagan !!
- Ah, non mais dis donc !! Je croyais qu'on restait poli...
On l'aura compris, la prolongation sent le sapin...
On va tout de même tenter de partir avec une jolie prime de licenciement (ou Blackberry 8900 avec le forfait qui va bien).
Là aussi, ça s'annonce ardu (le Asset Management, à côté, c'est du gâteau).



La caisse est on ne peut plus vide. Il n'est pas fait mystère que Boddicker s'est tiré avec... Ah, le fourbe, lui qui me disait : "Je pars libéré", libéré, ça, c'est sûr, surtout quand on se barre les poches pleines...
Le bougre nous a bien floués, en même temps, il faut toujours se méfier de plus vautour et prétentieux que soi.
Sans parler de la somme astronomique dépensée par DT dans les écouteurs de son Aiepode, à se dandiner comme un forcené, il en est à deux paires par semaine, minimum.
Heureusement que la carte de la boîte a été arrachée des mains de Beboper avant qu'il ne commette l'irréparable. Un trait de folie (ou de génie, allez savoir) l'avait décidé à vider le compte et à filer l'oseille à...Jean-Pierre, Raffarin et à un individu ô combien louche nommé Feric Jaggar
Sans quoi, la banqueroute tendait les bras à la Cégébie...
Point de prime de départ, donc.
La prise de congé et le départ se font entre gens de bon ton. Je vide mon bureau, récupère mon exemplaire de "L'action humaine" et décroche le portrait d'Ayn Rand qui tronait fièrement au-dessus de celui-ci, je retrouve mon chien qui joue avec les lapins de Kroulik le Sanguinaire et nous sortons dans la nuit...
...
Le pire ? C'est qu'en partant, je n'ai même pas claqué la porte, au contraire, je l'ai refermée tout doucement (bon, ok, j'ai tout de même piqué des carottes au Lapin), laissant ses attributs à chacun (la Miss Millie, c'est une autre histoire).
Le train arrive à quai, il est temps de descendre...

P.S : Je sais que kasdédier est mal, mais j'en place tout de même une à la Cégébie dans son ensemble, à Paracelse, "instigateur" de ce texte... Ainsi qu'à Clarence B., ex-Cégébiste, et à Reune, of course...


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3 mars 2010

Boum boum nada


C’est suffisamment rare pour être signalé et répercuté partout : une fatwa vient d’être publiée CONTRE le terrorisme se réclamant de l’islam ! Alléluia !
Bien sûr, comme on le répète à l’envi, la plupart des musulmans rejettent le terrorisme. Pour continuer dans la prudence qui me caractérise et éviter les déclarations invérifiables, je dirais, pour ma part, que la plupart des musulmans NE PRATIQUENT PAS le terrorisme. C’est déjà ça. En tout cas, qu’ils le rejettent ou pas, on a rarement l’occasion d’entendre une autorité islamique quelconque condamner autre chose qu’un petit attentat par-ci par-là. Le véritable engagement de principe contre les actions violentes manquait de zélateurs. Muhammad Tahir-ul-Qadri, auteur de la fatwa, est un théologien soufi qui n'en n'est pas à sa première condamnation du terrorisme, mais les médias ne semblent pas disposés à en faire une star.
Ces quelques mots ne changeront rien aux explosions de bombes, bien entendu. Mais ils permettront peut-être aux musulmans timides de se raccrocher à une parole autorisée ou, comme l’usage la nomme en islam, « savante ». Faites passer !

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2 mars 2010

Rien ne vaut les nichons.

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"On ne naît pas femme, on le devient". C’est par cet aphorisme que Simone de Beauvoir résume la thèse de la construction sociale du sexe. La phrase est assez percutante d’un point de vue formel, mais très imprécise. On peut, par exemple, démontrer scientifiquement qu’on ne naît pas fraiseur mouliste, mais qu’on le devient après formation. On peut faire de même pour les coiffeurs, les assistantes sociales, les ministres de la Défense et les agriculteurs bio. Pour ce qui est des femmes (et des hommes, donc), il ne s’agit, tout au plus, que d’une thèse sociologique ayant quelque chose à voir avec la sémantique. Car il faut s’entendre sur le sens du mot « femme ». Biologiquement, on naît femme, on ne le devient pas (passons sur ces extravagances de la nature que sont les hermaphrodites, qui ne démentent pas la règle générale). Disons, au minimum, qu’on naît « fillette », et qu’une fillette est toujours une femme en devenir. L’affirmation beauvoirienne désignait la femme en tant qu’être social (c'est-à-dire femme dans les rôles que la société lui confère), et alors oui, on peut y aller de la tautologie suivante : on ne naît pas femme (sociale), on le devient (socialement). Si laisser un nom à la postérité repose sur ce genre d’exploit, on comprend que Simone soit dans les dictionnaires.

Quoi qu’elle en dise, Elisabeth Badinter participe au plus haut point à cette construction sociale de la femme. Sa théorie et les derniers rebondissements de la polémique qu’elle déclenche tendent à assigner bel et bien un rôle à la femme dans notre société : un rôle de citoyenne active, travailleuse, un rôle qui a correspondu à une avancée dans l’histoire des luttes féministes, et sur lequel il ne faudrait pas revenir. Selon elle, comme l’instinct maternel n’existe pas, comme la nature n’existe presque pas dans l’individu femme (puisqu’elle est « construite » socialement), il faut continuer à dire aux femmes qu’elles peuvent nourrir leurs bébés au lait Nestlé sans devenir de "mauvaises mères" pour autant. Pourquoi pas ? Sauf que la science se fiche pas mal des convictions de nos féministes sexagénaires, et qu’on sait maintenant que les qualités du lait maternel sont irremplaçables. Que faire ? Faut-il interdire les publications scientifiques pour conserver le féminisme dans ses indéboulonnables commandements ?

Evidemment, la nature n’a que peu à voir avec ce que les hommes font en société, et elle n’a pas de droit particulier à réclamer, autres que ceux auxquels on ne peut se soustraire. Mais il faudrait être fou pour croire qu’il n’y a pas de prix à payer pour ça. On lutte contre les maladies et le vieillissement, certes, mais on doit en assumer les conséquences, aux niveaux individuel et collectif. Si on est capable de nourrir les petits avec du lait industriel stérilisé, permettant donc aux mères de courir retrouver les joies du bureau, de l’usine ou de la caisse de supermarché pendant qu’une inconnue s’occupe du biberon, on doit froidement regarder en face les conséquences mises en lumière par la science, et ceci quels que soient nos avis sur la liberté des femmes. De la même façon, on peut parcourir les continents en avion, on peut partir chaque week-end dans les Alpes pour y faire glissette, on peut retrouver dans son assiette des pommes venues du Guatemala, mais ça a des conséquences, notamment en termes de pollution, et personne ne nie plus que le progrès technique doive se subordonner à la bonne santé générale de l’homo sapiens, tant qu’il en reste. Et si c’était pareil pour l’allaitement ? Si le modèle des féministes des années 60 devait être amendé, sous peine de risques divers pour la santé des gens ? Il est quand même curieux que cette question simple ne soit pas envisageable sans qu’on déchaîne les points Godwin, et sans qu’on traite ses contradicteurs de réactionnaires.


Avec le Whisky, la pilule contraceptive est probablement ce que l’Homme a inventé de mieux pour son confort. Il est hors de question de revenir là-dessus. Cependant, si des études révèlent qu’il y a des risques à boire du whisky ou à prendre la pilule, il serait criminel de ne pas en tenir compte, ou simplement de ne pas s’interroger. Quitte, ensuite, à continuer la picole et le reste, mais en connaissance de cause. Mais ce bon sens est interdit aux militants de tous poils, qui ne sont pas là pour raisonner mais pour plier le monde à leurs conclusions, fussent-elles totalement contredites par la science. Les médecins du XVIIème siècle qui traitaient les MST au mercure n’étaient pas des bourreaux, ils faisaient ce qu’ils pouvaient avec les moyens du bord, c'est-à-dire exactement comme nous autres aujourd’hui. Et s’ils se sont trompés, nous pouvons le faire à notre tour. La pilule contraceptive, l’allaitement industriel, le traitement hormonal de la ménopause comme tout autre pratique humaine, doivent être en permanence remis en question, étudiés, évalués et, en cas de danger, abandonnés. Que ça plaise ou pas, que ce soit gênant ou pas pour la carrière professionnelle ou le confort.

Madame Badinter dit avoir peur des visées réactionnaires des partisans de l’allaitement naturel, qui voudraient tout simplement « renvoyer les femmes à la maison ». On croit rêver. Elle est manifestement atteinte du syndrome de Drogo, avec tout l’attirail pour lutter contre des ennemis totalement absents. Elle fait ici penser à ces militants anti-fascistes dont parle Muray, à qui il ne manque que les fascistes pour être crédibles. A part quelques immigrés descendus fraîchement de leurs montagnes reculées d’Anatolie ou juste débarqués de leur désert soudanais, qui, en France, considère que la place des meufs est aux fourneaux ? Qui ? Personne. Il n’y a que madame Badinter pour entendre ça. Si l’allaitement au sein prend six ou sept mois, voire un an par enfant, et que les femmes font 2,5 enfants en moyenne, il ne s’agit donc pas de les renvoyer à perpette à la maison, mais seulement pendant le temps nécessaire à l’allaitement. CQFD.
La position de madame Badinter est intenable au sens où elle subordonne les conclusions de la médecine et les données de la statistique à ses propres options de vie, qu’elle défend comme une sorte de paradis indépassable. En ce sens, elle rejoint une longue tradition d’obscurantisme où elle devient l’associée d’une flopée de réactionnaires, authentiques, cette fois.

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1 mars 2010

La rupture EST une violence psychologique

La boucle est bouclée. On pourra bientôt être poursuivi pour "violence psychologique" lorsqu'on quitte sa femme. La tension qui règne à ce moment là, les mots d'oiseaux échangés, les larmes qui coulent... Tout ça tombera sous le coup de la loi.

Les féministes, s'apercevant qu'elles ont tout perdu en saccageant l'institution du mariage, réclament aux juges ce qui était déjà accordé à leurs ancêtres: l'assurance que leurs mâles ne les laisseront pas tomber comme des vieilles chaussettes une fois la jeunesse passée.
Pour cela, on va substituer à l'opprobre religieuse et sociale la peur du procès.

***

A ce sujet, un article de Métro décrivait récemment le "combat" d'une psy défraichie qui subissait les "attaques silencieuses" de son mari (sans doute un télépathe) en instance de divorce .
Cet agresseur psychologique était qualifié hardiment de "bourreau" par le pigiste du gratuit ferroviaire car il persistait à vivre sous le même toit que sa femme.
Et sa "victime" d'affirmer sans honte que les coups ou les "attaques silencieuses" c'est du kif-kif bourricot... les femmes battues apprécieront.

Ce n'est pas tout... La dame ne s'est pas contentée d'aller voir la police, elle a produit deux vidéos pour appuyer son combat. Et c'est là que ça devient savoureux:


Marre
envoyé par Christine-Dumont


juste un regard
envoyé par Christine-Dumont


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Quelle catastrophe naturelle vous a fait le plus vibrer ?